Covid-19 le tribunal de Nanterre a estimé que les mesures prises par Amazon pour assurer la sécurité des salariés dans ses entrepôts en France étaient insuffisantes. Sanction : interdiction de distribuer des produits qui ne seraient pas alimentaires, d’hygiène ou médicaux - sous astreinte d'un million d'€/jour;

Un entrepôt Amazon à Bretigny-sur-Orge
Un entrepôt Amazon à Bretigny-sur-Orge © AFP / Thomas SAMSON

Il ne s'agit pas ici de porter un jugement sur le constat, sur les mesures sanitaires. Cela concerne le droit du travail, il y a encore débat sur ce point.

Ce qui interpelle, c’est la sanction : elle fait la distinction entre les produits. En quoi la sécurité est-elle insuffisante lorsqu’un employé manipule un livre, et acceptable lorsqu’il expédie un paquet de riz ? 

Cette distinction entre ce qui est essentiel ou pas a été faite par le gouvernement pour les commerces, c’est à dire des lieux qui reçoivent du public. Pas pour les usines ou les entrepôts !

Le gouvernement n’a pas ordonné l’arrêt de l’économie en dehors des biens de première nécessité. Il aurait pu faire ce choix – avec toutes ses conséquences économiques et sociales – mais il ne l’a pas fait.

A son échelle, le Tribunal de Nanterre, le fait. Il prend donc une décision politique. Il se range derrière les campagnes menées par Sud ou la CGT, qui font pression pour fermer des usines ou empêcher leur réouverture. 

Or c’est un choix qui appartient aux institutions démocratiquement élues. Pas aux magistrats.

Si la justice avait empêché Amazon de distribuer des denrées alimentaires, c'est ça qui aurait provoqué un tollé. Et c'est bien la preuve que les juges font là de la politique - assez mal d'ailleurs car Amazon a annoncé la fermeture totale de tous ses entrepôts en France pour cinq jours.. C'est raté

On peut s'interroger sur cette justice qui a quasiment baissé le rideau depuis le début de la crise, alors qu'elle pourrait faire beaucoup de choses à distance, et qui là se réveille pour régler son compte à Amazon.

Il y a beaucoup de choses à reprocher à Amazon, espérons simplement que cette décision politisée, parce que les juges considèrent les conditions de travail selon les produits, ne corresponde pas à ce qu'on appelait à l'école une "note de gueule".

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