françois hollande jugé "sympathique" par les français mais reste impopulaire
françois hollande jugé "sympathique" par les français mais reste impopulaire © reuters

Le François Hollande nouveau est arrivé ! Plus déterminé, plus acéré. Ne serait-il pas en train, par hasard, de nous refaire le coup classique du « j'ai changé » ? C'est l'avenir qui dira s'il a enfin réussi à « faire président » comme on dit, à « mettre le costume » gaullien du chef de l'Etat. Nicolas Sarkozy, on s'en souvient, a mis beaucoup de temps. Et c'est aussi un des gros problèmes de François Hollande depuis son élection. On l'a déjà dit : il est trop lisse, trop techno, trop ennuyeux aussi -on ne va pas se mentir-, pas assez à l'aise, trop dans la synthèse, bref trop président... du conseil général de la Corrèze. Tout ça, c'est peut-être en train de changer. Il était en fin de semaine au Brésil et en Guyane. On a découvert là-bas un François Hollande métamorphosé : déterminé sur la Centrafrique, tranchant sur le couac du gouvernement sur le rapport intégration, percutant dans ses interventions. Ca, c'est sur le fond. Et ça se voit aussi sur la forme : adieu les costumes qui flottent, vive les costumes cintrés et bien ajustés. Vous me direz que c'est un détail. Non, pas du tout, pas quand on vous répète toute la journée que le « costume », celui du président, est beaucoup trop grand pour vous. Bref, vous l'avez compris, l'homme aux 423 cravates de travers -oui, 423, il y a un site internet qui les compte- a choisi de se relooker un peu.- Et ce nouveau style serait la conséquence directe de l'affaire Leonarda. Ce fiasco a obligé François Hollande à repenser toute sa communication. Il fallait changer quelque chose, relancer un quinquennat complètement embourbé. Début novembre, il a pensé à remanier son gouvernement. Il a fait le tour des « Premiers ministrables », Martine Aubry, Manuel Valls, Laurent Fabius. Puis, il a pensé à remanier son équipe à l'Elysée. Je peux vous dire que son bras droit, Pierre-René Lemas, a senti passer le vent du boulet. Et non, finalement, Hollande a décidé de se remanier... lui-même. Il a compris qu'il était tout seul, qu'il n'avait rien à attendre de ses ministres et de Jean-Marc Ayrault. Comme dit l'un de ses amis, « ça ne sert à rien d'avoir un gouvernement Ayrault 2 ou Valls 1, ce qu'il faut c'est un Hollande 2 ! » Il a commencé à apparaître ce week-end avec un président très détendu, plutôt blagueur. C'est vrai qu'il a des bonnes nouvelles : les Bleus qui se qualifient pour le Mondial, la courbe des sondages qui s'inverse un tout petit peu, en attendant peut-être celle du chômage, sans compter l'accord social sur la formation professionnelle.C'était samedi dans un village de la jungle guyanaise. Nathalie Schuck était du voyage dans ce département. François Hollande : > Vous êtes dans une très belle région. Je la survolais en hélicoptère, j'avais demandé qu'on ouvre la portière (rires). Je prenais mon risque, mais j'étais bien accroché. Faut toujours être bien accroché, quoiqu'il arrive, s'accrocher, s'accrocher encore (applaudissements), ne rien lâcher ! Je ne sais pas si ça vous a frappé, mais sur place on a un peu retrouvé le François Hollande de la campagne présidentielle. Et c'est sans doute la clé de toute cette affaire : pour « faire président », il a semble-t-il compris que ça ne sert à rien de se transformer, parce que ça sonne faux. Il faut peut-être tout simplement qu'il revienne au candidat de 2012, celui que les Français avaient choisi d'envoyer à l'Elysée.

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