Après ce deuxième tour des régionales, François Hollande est toujours aux abonnés absents. En revanche, il y en a un que l’on voit partout, c’est le Premier ministre.

Il a un plan com’ redoutable, Manuel Valls . J’ai compté : en quinze jours, il a fait quatre télévisions et trois radios ! Donc, en moyenne, un média tous les deux jours !

En coulisses, il a lancé aussi une « opération séduction ». Hier, par exemple, il a reçu deux groupes de journalistes à Matignon : un pour le déjeuner, un pour l’apéro. Bref, «On ne l’arrête plus », me disait un député PS.

En communication, ça s’appelle le « carpet bombing », le « tapis de bombes ».

Manuel Valls, martial au 20h de TF1 samedi soir
Manuel Valls, martial au 20h de TF1 samedi soir © capture d'écran

Cette hyper communication est pourtant jugée anxiogène par certains, y compris au PS. D’abord parce que ses mots sont forts. Par exemple : la « guerre civile » à propos du FN. Et puis, il est sombre, Manuel Valls. A chaque interview, il rappelle que la France est en « guerre » et qu’il y aura d’autres attentats. Lui assume. Il parle d’un «devoir de vérité ».

Mais pour beaucoup, il en fait trop. Je vous cite un très proche de François Hollande, qui me disait: « Valls a d’abord parlé de la guerre contre le terrorisme, puis d’un risque de guerre chimique, puis de guerre civile. Il va finir avec la guerre des… boutons ! » Bref, pour ce proche du président, Valls joue aux « apprentis-sorciers ». __

C’est un peu le guerrier qui vient réclamer ses lauriers. C’est vrai que Manuel Valls a pris des risques pendant cette campagne. C’est lui qui a porté et défendu le front républicain. Or, cette stratégie a marché, on le sait : 0 pointé pour le FN dimanche. Ce succès, Manuel Valls veut le revendiquer. Hier, devant quelques journalistes, il s’est félicité du « formidable sursaut des Français » entre les deux tours. Il n’a pas pu s’empêcher d’ajouter : « sursaut auquel J’AI contribué ».

Quoi qu’il en soit, le Premier ministre cherche clairement à reprendre la main. Ces dernières semaines, il se sentait un peu à l’étroit, coincé entre un Hollande redevenu populaire, un Macron plus libéral que lui et un Cazeneuve qui fait le job sur la sécurité. Bref, le Premier ministre manquait d’oxygène.

Petite confidence d’un ministre : « Valls ne veut pas se laisser filloniser » C’est-à-dire connaitre le même sort que François Fillon, étouffé par Nicolas Sarkozy. C’est pas gagné. Notamment parce que les semaines qui viennent seront très présidentielles : la commémoration des attentats, la tournée des vœux. Et puis évidemment, la campagne présidentielle à venir.

Bref, on n’a pas fini de voir Manuel Valls sur les plateaux de télévision.

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