A ce stade, La République en marche ne présente pas de candidat dans le fief de Marine Le Pen. La présidente du Rassemblement national en est la députée.

Marine Le Pen et Steeve Briois le 14 juillet 2017 à Hénin-Beaumont
Marine Le Pen et Steeve Briois le 14 juillet 2017 à Hénin-Beaumont © AFP / FRANCOIS LO PRESTI

Et depuis 2014, c’est l’un de ses lieutenants, Steeve Briois qui tient cette ville de 25 000 habitants.

Marine Le Pen était d’ailleurs avec lui mercredi dernier pour inaugurer le Marché de Noël.

Or samedi, on a appris dans le journal le Monde que, dans cette ville précisément, la République en marche a pour idée saugrenue de ne pas présenter de candidat aux prochaines municipales...

Le parti présidentiel sera-t-il totalement absent dans cette ville en mars prochain ?

Oui. En tout cas pour l’instant. Il y avait bien un candidat naturel, Geoffrey Gorillot. Mais il n’a pas été vraiment encouragé par les instances de LREM.

Et tenez-vous bien, s’il ne veut pas se présenter, c’est aussi parce que, je cite, « il pense déjà connaitre le résultat » de l’élection !

Comme si la démocratie se résumait à gagner des mandats. Comme si les élus d’opposition n’avaient pas un rôle, certes difficile, mais essentiel à jouer. Celui de vigies républicaines !

Depuis que cette information a été révélée, La République en marche a rétro-pédalé, faisant savoir que le cas de cette ville « n’avait pas encore été tranché » par sa commission d’investiture. Il va falloir se mouiller car aucune autre liste ne veut être soutenue par la majorité !

Le parti présidentiel sait qu’il est en totale contradiction avec le discours d’Emmanuel Macron qui se dressait en septembre dernier comme un rempart contre lepenisme, expliquant aux parlementaires de la majorité qu’ils n’avaient, je cite « qu’un opposant sur le terrain, le Front national ».

En quoi cette histoire politique est-elle révélatrice ?

D’abord, elle montre à quel point les ténors de La République en marche ont déchanté.

Ils ont compris que le parti présidentiel ne s’implanterait pas au niveau local en seulement quelques mois de campagne. Leurs espoirs de victoires aux municipales sont désormais bien maigres.

Si l’on en doutait, il suffit de consulter l’agenda parlementaire de la réforme des retraites, examinée juste avant les élections de mars, comme si celles-ci n’étaient finalement qu’un mauvais moment à enjamber.

Et le fait que La République en marche ait pu envisager de négliger une ville aussi symbolique qu’Hénin-Beaumont révèle que, malgré les discours, ce parti n’est toujours pas un parti.

Il n’a qu’un rôle, inchangé : servir, le moment venu, de machine à gagner la présidentielle.

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