Une proposition de loi sur la maltraitance animale a été déposée hier à l’Assemblée nationale et sera examinée en janvier

Pour vous dire l’importance du texte, il est signé par les présidents des trois groupes de la majorité, LREM, Modem et Agir. C’est rare et cela veut dire qu’il a de sérieuses chances d’être adopté. 

Concrètement, cette loi veut taper fort. Par exemple : vous voulez un chien ou un chat ? Vous devrez d’abord acquérir un « certificat de sensibilisation » au bien-être animal. 

Il y aura aussi des peines alourdies en cas de maltraitance. Si un animal meurt après des actes de barbarie, ce sera trois ans de prison et 45 000 euros d’amende. La diffusion d’images zoophiles, ce sera puni de quatre ans de prison. 

Il sera également interdit de faire des spectacles avec des ours ou avec des loups. 

Le gouvernement avait déjà annoncé des mesures dans la même veine, en septembre dernier

Barbara Pompili, la ministre de la Transition écologique, avait annoncé la fin des animaux sauvages dans les cirques, la fin des dauphins dans les Marineland, l’arrêt des élevages de visons.

C’est un mouvement général. En août, Emmanuel Macron avait suspendu la chasse à la glu, cette pratique traditionnelle qui consiste à attraper des oiseaux avec des branches enduites de colle. 

On voit que la majorité pousse fort pour la cause animale. D’abord parce que la France est championne d’Europe en matière d’abandon d’animaux, mais aussi parce qu’il y a un enjeu électoral… 

Personne n’a oublié qu’aux européennes, le parti animaliste a réussi, sans faire campagne, à obtenir autant de voix que le Parti communiste, qui fête ses cent ans…. 

On dit pourtant qu’Emmanuel Macron cajole les chasseurs - et c’est compatible 

Car le chef de l’Etat tente de contenter tout le monde. C’est le fameux « en même temps ». Les propriétaires de toutous comme les porteurs de carabine ; les villes comme la campagne…

Les chasseurs ont d’ailleurs tiré leur épingle du jeu. Ils ont pu, grâce à un lobbying discret, continuer à chasser le sanglier pendant la confinement, au nom de la régulation des espèces. Et depuis hier, on peut chasser normalement, comme avant. 

Quoi qu’il en soit, cette initiative parlementaire sur la maltraitance animale, c’est l’une des premières expressions de ce que les stratèges macronistes ont appelé la « maison commune ». C’est à dire le rapprochement de La République en marche et de ses alliés pour gagner 2022. La cause animale n’est pas qu’une affaire de bons sentiments.

L'équipe
  • Marcelo WesfreidJournaliste au service politique du Parisien / Aujourd'hui en France
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