Par Nathalie Schuck

Les copains du président ont pesé lourd, très lourd dans le choix des hommes... au détriment des femmes.

Je voulais vous raconter l'histoire d'une bande de mecs, une bande de copains de presque quarante ans, un brin machos et vieille école. Ils ont connu l'enfer ensemble, les mauvais sondages, les problèmes "de bonne femme", puis la conquête du pouvoir, la montée des marches de l'Elysée. Eux, vous les avez reconnus, ce sont les Hollandais : Stéphane Le Foll, l'éminence grise des années Solférino, Michel Sapin, le copain de chambrée à l'armée et à l'ENA, Jean-Yves Le Drian, l'ami breton, sans oublier Bruno Le Roux et Bernard Poignant. Ils étaient tous là déjà en 2009 à Lorient, quand Hollande a lancé sa marche vers l'Elysée dans l'indifférence générale. A l'époque, on l'appelait "Monsieur 3%". Et cette petite bande est toujours là, aussi puissante, autour du président. Son poids a été déterminant lors du remaniement. Ce sont eux, vous l'avez dit, qui ont eu la peau de la parité.

La peau, notamment celle de Ségolène Royal, hélas, la seule femme de la bande, du temps où elle était la compagne de Hollande. Le président lui avait promis le Quai d'Orsay, c'était fait. Une femme à la tête de la diplomatie française, avouez que ça aurait eu de la gueule ! Mais c'était sans compter sur le petit club des hollandais, qui a mis en garde le président sur le mode: " fais attention, François ", " elle est folle ", " elle va déclencher une guerre ", " elle est incontrôlable ". Des attaques dignes de la campagne de 2007, quand les socialistes dégommaient leur candidate dans son dos. Les Hollandais auraient aussi bloqué la promotion de Marisol Touraine, candidate à la Défense, sur le mode : "Marisol, sérieusement ? Non mais vous imaginez, des "gonzesses" au Quai d'Orsay et à la tête de l'armée, les Conseils de défense à l'Élysée en version "Charlie et ses drôles de dames" ? Soyons sérieux, je vous rappelle qu'on est en guerre !

Le fait est qu'il n'y a que des hommes aux ministères régaliens. Et le plus drôle, c'est qu'on a depuis jeudi un ministère de l'Égalité réelle, ne me demandez pas ce que c'est. Depuis que Christiane Taubira a claqué la porte, ça sent la testostérone et le vestiaire à la tête des plus importants ministères : Jean-Yves Le Drian, Bernard Cazeneuve, Michel Sapin, Jean-Jacques Urvoas. Vous me direz, le président l'a échappé belle. Heureusement qu'il a rappelé Jean-Marc Ayrault aux Affaires étrangères, sinon on les aurait appelés... le "club des chauves" !

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