Ce n’est pas de la gamberge de journaliste. Non, c’est le président lui-même qui alimente le doute.

François Hollande le 14 janvier à Bamako
François Hollande le 14 janvier à Bamako © AFP / STEPHANE DE SAKUTIN / AFP

Par Nathalie Schuck

Depuis ce fameux premier décembre où il a jeté l’éponge, on avait eu quelques échos de ses proches sur ses regrets, sa peur de voir le PS exploser. Mais samedi, il l’a carrément dit publiquement. C’était à Bamako, au Mali. François Hollande a parlé d’un « goût d’inachevé qui aurait dû justifier d’autres prétentions ». Une drôle de phrase qui fait écho à une petite musique qui monte chez ses fidèles. Écoutez ce que me disait l’un d’eux : « Imaginez que les chiffres du chômage fin janvier soient bons, ce serait surréaliste que le type qui a inversé la courbe ne puisse pas se représenter ». Comme s’il laissait la porte ouverte à un éventuel retour. Vous avez entendu Hollande dire qu’il arrêtait la politique ? Non !

Cet éventuel retour ne pourrait être que le recours, le sauveur en cas de naufrage de la primaire de la gauche. Or, je peux vous dire que François Hollande est très inquiet de ce qu’il voit. Jeudi soir, il n’a pas suivi le débat sur TF1 en entier. Hier soir, pire, pendant le deuxième débat, il était même au théâtre pour la dernière de Michel Drucker. Et il n’ira pas voter dimanche au premier tour, il sera au Chili. Il en veut beaucoup à Manuel Valls. Le président est stupéfait devant sa campagne: 200 personnes seulement pour son meeting à Liévin, terre socialiste où lui a toujours fait salle comble. Et il y a ces sondages qui remontent et tous ces gens qui lui ont dit en Corrèze, son fief, qu’il devrait quand même se présenter. Ça l’a dopé.

Le JDD disait hier qu’il va soutenir Emmanuel Macron mais on constate qu’ils n'ont plus aucun contact depuis des mois. Et que le président n’apprécie pas trop le lobbying de Ségolène Royal en faveur du jeune trublion. Un cadre du PS me glissait hier : « Royal essaie de se placer pour Matignon ». Enfin, il ne faut pas oublier que Hollande est un homme prudent : il est bien placé, depuis l’explosion en vol de DSK, pour savoir qu’un favori comme Macron peut s’écrouler. J’ai retrouvé dans mes carnets une phrase qu’il m’avait dite en 2013 sur la présidentielle : « Certains se préparent depuis toujours et n’y arrivent jamais. Il arrive des événements imprévisibles et, à un moment, une personne surgit ». Et si cette personne, c’était lui ?

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