Il a été laminé à la présidentielle, son candidat l’a quitté pour créer son mouvement, le parti socialiste reste encore inaudible aujourd’hui. Mais que peut-on entendre lorsque l’on tend l’oreille?

Quand on fait l’effort d’écouter le parti socialiste, c’est la cacophonie! Prenez le grand débat. Le premier secrétaire du PS, Olivier Faure, a invité tous les socialistes à y participer et à s’engager ! Seulement voilà ! Il y a quelques jours, André Laignel, vice-président PS de la très influente Association des Maires de France, opposait à ce grand débat, un « niet » catégorique. « En quoi, disait l’ancien ministre de François Mitterrand, les maires pourraient être engagés dans ce débat qui, en définitive, aurait plutôt pour visée d’associer les élus locaux à l’échec gouvernemental. » Fermez le ban!  

Pour les Européennes, le diagnostic n’est pas plus brillant 

C’est un doux euphémisme. Impossible de trouver une tête de liste. Ségolène Royal a failli y aller à condition que la future liste ne soit pas monopolisée par le PS qu’elle méprise. Mais la volonté des Verts, de Générations et du PCF de partir en solo dans la campagne l’a forcée à renoncer. Ségolène Royal l’a annoncé sur France Inter, vendredi dernier. Et même si tout est possible avec l’ancienne candidate à la présidentielle de 2007, le temps presse. Et puis les ambitions s’aiguisent. Julien Dray, « baron noir » du socialisme avant de conseiller un certain Emmanuel Macron lorsqu’il n’était que candidat, serait prêt. A moins que, s’il le fallait vraiment, Olivier Faure lui-même ne se sacrifie. « Je suis là quand les temps sont mauvais », analyse le premier secrétaire. 

Sale temps pour le PS 

Les sondages créditent le parti d’à peine 5% des voix, assez pour décrocher quelques députés mais moins que les 6% de Benoît Hamon à la présidentielle. « En dessous de 6%, le PS est mort », me confie un cacique socialiste. Luc Carvounas, député PS du Val-de-Marne, et fondateur de la Gauche Arc en Ciel ne cache pas son amertume : 

J’ai tout fait pour que face à la montée des populismes, toute la gauche pro-européenne s’unisse. Mais j’ai reçu une fin de non recevoir. 

Qu’il aille ou pas aux Européennes, Olivier Faure, sauf divine surprise, risque sa place de leader du PS. Ce parti qui serait alors sans tête garde, cependant, de nombreux élus locaux et pourrait rebondir aux municipales. Ce sera en 2020. En un an et demi on peut mourir et renaître. Ou le contraire, c’est tout le charme et le drame de la politique.

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