On les croyait éloignées de la politique. Les figures de la Hollandie refont surface. Avec l’envie de prendre leur revanche…

François Hollande a le sourire. 

Il répète à ses amis : « Si cela se trouve, Emmanuel Macron ne pourra pas se représenter ». On sent que Hollande, qui a connu ce genre de problème, veut absolument voir Macron trébucher. 

Il n’est pas le seul d’ailleurs à se dire qu’il y a un coup à jouer. Regardez ses anciens ministres. Comme Ségolène Royal. Elle sort un livre, elle se dit prête pour 2022. 

Il y a aussi ceux dont on pensait qu’ils avaient vraiment tourné la page. Arnaud Montebourg, par exemple. Il revient en force sur la question de la souveraineté industrielle. Il donne des interviews. Il commercialise même des glaces et du miel made in France. 

L’ancien premier ministre Jean-Marc Ayrault a lui aussi fait son grand retour !

Oui, pour demander qu’on débaptise la salle Colbert. C’est à l’Assemblée nationale. Parce que Colbert a conçu le Code Noir. Le texte sur l’esclavage dans les colonies. Est-ce que vous aviez déjà entendu Ayrault se plaindre, quand il était à l’assemblée ? Moi, jamais !

Toute cette agitation n’est pas anodine. L’ancienne garde des Sceaux Christiane Taubira monte au créneau sur les violences policières. Najat Vallaud Belkacem, elle, se plaint sur le sort des élèves pendant le confinement. 

Tous ont bien vu que la gauche social-démocrate n’avait pas encore de leader. Et que la crise sociale, qui arrive, pouvait élargir cet espace politique. Ce qui d’ailleurs n’a pas échappé à Emmanuel Macron, qui nous promet désormais une reconstruction « sociale et solidaire ». Certains parlent d’un virage à gauche.

Avec qui pour incarner ce virage ?

Pour l’instant, personne. C’est le problème. Mais le président a en stock une personnalité qui a fait les grandes heures de l’ère Hollande : c’est Jean-Yves le Drian, le ministre des Affaires étrangères. 

Emmanuel Macron est prêt à aller puiser dans le vivier des anciens socialistes. La preuve ? Il vient de nommer Pierre Moscovici à la tête de la Cour des comptes. 

Il y a enfin le cas Manuel Valls. Le chef de l’Etat n’est pas très chaud mais Valls gratte à la porte.   Il glorifie Macron à chacune de ses interventions. Il vient même d’acheter, avec son épouse espagnole, un appartement dans le 7 ème arrondissement de Paris, près justement des ministères. 

On ne sait jamais. En cas de remaniement, ce sera toujours moins loin que de venir en avion de Barcelone… 

L'équipe
  • Marcelo WesfreidJournaliste au service politique du Figaro, en charge du suivi de l'exécutif.
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