Par Marcelo Wesfreid

Le gouvernement à changé de ton avec les élus locaux. Il n'est plus question de leur demander seulement de faire des économies.

Rappelez-vous, il y a deux ans, le gouvernement nous annonce un big bang : des mégas régions, celles qu'on connaît tous maintenant, avec leurs noms rigolos.

A l'époque, pour nous vendre la réforme, le secrétaire d'Etat à la réforme territoriale André Vallini balance un chiffre, complètement inventé : la fusion des régions doit permettre, nous dit-il, de faire de « 12 à 25 milliards d'économie par an », grâce aux économies d'échelle. En 2016, on est enfin revenu sur terre.

Cette semaine, la secrétaire d'Etat Estelle Grelier, qui a remplacé Vallini, a reconnu que le passage aux nouvelles régions, je la cite : « Cela a ne va pas générer d'économies à court terme ».

Franchement, ce n'est pas une surprise, parce que quand vous fusionnez deux structures, pour que ça se passe bien, on aligne toujours les rémunérations des gens sur le régime le plus favorable. Pour que personne ne voit son salaire baisser...

La seconde raison, c'est que les villes qui ont perdu leur statut de capitale régionale, comme Montpellier, ou Clermont-Ferrand, il faut bien leur trouver des compensations, délocaliser un service de l'Etat, par exemple. C'est coûteux.

On est à un an de la présidentielle, et on rouvre les vannes de la dépense. On arrête de parler seulement d'économies. Regardez, ce qui s'est passé avec les agriculteurs, les profs des écoles, et j'en passe.

Un autre signe qui ne trompe pas : Hollande vient clôturer cette année, ce sera le 2 juin, le congrès des maires de France, qui est un événement très important. Or, il ne viendra pas les mains vides. Il devrait annoncer l'étalement, voire la diminution, de la coupe budgétaire de 3 milliards d'euros qui était prévue sur les communes. Cela tombe bien. Car les élus sont déboussolés. Trop de réformes, de dotations en baisse. IHollande sait qu'on ne fait rien dans ce pays en ayant les 600 000 élus contre soi.

Le président a même nommé en février comme ministre des collectivités territoriales Jean-Michel Bayet, le leader des radicaux de gauche. L'homme qui a eu la peau de la suppression des départements. Baylet a tellement bataillé que Valls avait dû céder et ne pas toucher à ces collectivités. C'est ce qu'on appelle être en opération reconquête.

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