S’il y a une chose qu’on ne peut pas reprocher au gouvernement, c’est d’éviter la langue de bois, quitte à bousculer pas mal de monde.

Le gouvernement donne un sacré coup de vieux à cette pratique qui consiste à ne pas dire les choses, à faire des tours et des détours, à sortir des phrases toutes faites qui n’engagent à rien… Cette pratique qu’on appelle la langue de bois. Ils ont même trouvé leur champion, l’homme qui parle sans filtre, qui dit tout ce qui lui passe par la tête…

Emmanuel Macron à la sortie du Conseil des ministres le 15 octobre
Emmanuel Macron à la sortie du Conseil des ministres le 15 octobre © Radio France

J’ai nommé : Emmanuel Macron ! À peine ministre de l’Economie, le voilà qui déclare dans Le Point que ce ne serait pas idiot de revenir sur les 35 heures. Tollé à gauche.

Ensuite, il évoque l’illettrisme des salariés de Gad sur Europe 1. Nouveau tollé. Macron s’excuse, mais le fond de sa pensée, qu’il a livré depuis, c’est : j’ai évoqué une réalité, c’est mieux que de faire comme si de rien n’était.

Maintenant, c’est devenu son style. Dimanche, dans le JDD , alors que François Hollande a clôt le débat sur l’indemnisation des chômeurs, il le relance !

Et se justifie, puisque, évidemment, il provoque un tollé. Ecoutez-le :

Hier, Macron présentait son premier projet de loi « pour l’activité et l’égalité des chances économiques ». Il n’a pas déçu. Voilà comment il a vanté la libéralisation du transport en autocar :

C’est quand même assez nouveau d’entendre un ministre de l’Economie parler comme ça des pauvres. Cela fait de lui une cible évidente, la CGT déplore que le gouvernement installe l’idée que les riches prennent l’avion, les moins riches le train et les pauvres l’autocar. Je vous parie que Macron va répondre : « je n’ai dit que la vérité. »

Les autres ne sont pas en reste. Citons le ministre des Finances Michel Sapin, qui dans un grand sourire, disait en juillet : « Notre amie, c’est la bonne finance ».

Ou encore le ministre du Travail François Rebsamen qui assume sa sortie sur la nécessité de contrôler les chômeurs. Les élus de gauche peuvent s’étrangler, les électeurs de François Hollande peuvent être perdus, c’est comme ça : le gouvernement a décidé de ne pas faire semblant. Après avoir complètement raté son début de quinquennat pour avoir présenté aux Français une vision beaucoup trop idéalisée de la situation du pays ! Désormais, sous l’impulsion du François Hollande, ils donnent la priorité aux entreprises et Manuel Valls se charge de le répéter partout sans complexe. Devant le Medef fin août, il a dit : « Moi, j’aime l’entreprise. »

Il a continué en Allemagne le 22 septembre :

Et L’apogée la semaine derniere à la city de Londres, chez les traders, « une révolution » pour un socialiste, dixit Manuel Valls :

Allez ne soyons pas de mauvaise foi, Manuel Valls, qui a décidemment de l’amour à revendre, a aussi dit devant les socialistes lors de l’université de rentrée « J’aime les socialistes. » Et on ne voit pas pourquoi ce serait de la langue de bois.

L'équipe
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.