Il est présenté comme un « non choix ». Mais Christian Jacob, à la tête des Républicains depuis dimanche n’arrive pas seul.

Christian Jacob, président des LR et François Baroin
Christian Jacob, président des LR et François Baroin © AFP / Eric FEFERBERG et MARTIN BUREAU

Ce ticket, Christian Jacob ne le fait pas avec n’importe qui. Il ne l’avait pas annoncé officiellement mais on sait aujourd’hui que le patron des députés LR ne se serait pas présenté à la tête du parti sans lui à ses côtés. Et lui, c’est François Baroin, ancien ministre et maire de Troyes. En vieux routier de la politique, Christian Jacob, qu’on a tort de sous-estimer, s’apprête à faire entrer dans les instances dirigeantes des LR cet éternel jeune homme de 54 ans. Cette « promesse de l’aube » comme le désigne malicieusement Brice Hortefeux, « aube » comme le département mais aussi comme ce soleil qui pointe mais dont les rayons tardent à darder…

Et en quoi ce « ticket » est un signe ?

En intronisant Baroin, qui est aussi le président de la très influente Association des maires de France, on voit que les Républicains veulent muscler leur organisation en vue des municipales. Des élections qu’ils ont magnifiquement remportées en 2014 mais un carton qu’ils auront d’autant plus de mal à réaliser l’an prochain… En outre, Jacob comme Baroin sont deux « bébés Chirac », une référence qui marque une nette prise de distance avec la ligne Wauquiez, démissionnaire de la présidence des LR en juin dernier et suspecté de complaisance avec le Rassemblement national. Jacob et Baroin l’ont toujours dit et répété, la frontière entre les deux partis doit être et rester totalement étanche. A eux, en revanche, de convaincre les électeurs tentés par les thèses du RN… Autre enseignement de ce ticket : avec Jacob et Baroin aux commandes du parti c’est Nicolas Sarkozy qui est à la manœuvre. Sarkozy dont Jacob et Baroin ont soutenu la candidature lors des primaires en 2016. 

Sarkozy à la manœuvre. Mais pour quoi faire ?

Celui qui a été président de la République jusqu’en 2012, a été aussi président des LR jusqu’à sa candidature aux primaires en août 2016. Et depuis, Nicolas Sarkozy n’a jamais voulu lâcher la maîtrise de l’appareil du parti. Parti qui, malgré ses faiblesses, n’en demeure pas moins un atout dans la course à la magistrature suprême. Si Sarkozy répète à l’envi qu’il ne se représenterait en 2022 que s’il incarnait un ultime recours, François Baroin, lui, en revenant de son Aventin pour réintégrer les instances du parti, darde un peu plus ses rayons… Dans la compétition à droite pour la conquête de l’Elysée, voilà un énième larron en foire.

L'équipe
  • Jannick AlimiJournaliste politique au Parisien Aujourd'hui en France
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