Par Nathalie Schuck, journaliste politique au quotidienLe Parisien/Aujourd'hui en France

françois hollande assure que la courbe du chômage est sur le point de s'inverser
françois hollande assure que la courbe du chômage est sur le point de s'inverser © reuters

L'Elysée essaie d'éteindre l'incendie sur le « ras le bol fiscal ».

Je ne sais pas trop ce que vous faisiez hier soir vers 20h30. Vous étiez peut-être en train de vous arracher les cheveux pour essayer désespérément de payer vos impôts sur le site internet complètement saturé du ministère de l'Economie, ce qui a dû vous mettre de très mauvaise humeur. Ou alors, vous avez peut-être écouté François Hollande. Et vous avez bien fait!

Parce que vous avez dû être tout à fait rassuré. Le Président a été très clair : sur la question des impôts, ça aurait pu faire beaucoup, mais alors beaucoup plus mal ! Grâce à lui, vous avez échappé à une sacrée saignée fiscale. Bon, je vois vos têtes, de toute évidence vous ne me croyez pas. Et pourtant, c'est bien ce que répète François Hollande ces temps-ci à tous les visiteurs qu'il reçoit à l'Elysée.

-La TVA, par exemple, va bien augmenter à 20% au 1er janvier ?

C'est vrai, mais il ne faut pas prendre le problème par le mauvais côté. Le Président l'a bien rappelé hier soir: la TVA, si Nicolas Sarkozy avait été réélu, aurait dû augmenter à 21,2% et pas 20%. Donc, si vous prenez votre calculette, ça fait une baisse de 1,2 point de la pression fiscale! En tout cas, c'est ce que dit le François Hollande.

En clair, c'est moins pire que si ça avait été plus grave... Même chose pour la CSG : les Français ne le savent pas, mais grâce au Président, ils ont échappé de justesse à une sacrée hausse de CSG pour financer les retraites. J'ai envie de dire : ouf.

Bref, comme dit le Président en petit comité, en rigolant : « les impôts, c'est un peu comme Charlie-Hebdo , vous savez, la Une à laquelle vous avez échappé. Sauf que là, c'est la hausse à laquelle vous avez échappé ! » Fin de citation.

François Hollande hier soir dans le 20h30 de TF1:

Donc on a annulé cette augmentation de la TVA, et on l'a reportée au 1er janvier 2014, non plus à 21,2 mais à 20%. C'est déjà beaucoup pour le taux normal. Et on a relevé le taux intermédiaire de 7 à 10. Donc on avait prévenu, mais c'est moins que si ça avait été donc la décision précédente.

Je veux bien le reconnaître, ça n'a pas dû franchement convaincre les Français qui étaient devant leur poste de télévision, ni même d'ailleurs les députés socialistes. Parce que la semaine dernière, plusieurs députés de la majorité sont allés sonner le tocsin à l'Elysée sur le « ras-le-bol fiscal » de la fameuse « France d'en bas ». « On ne peut même plus, disent-ils, faire un dîner en famille sans se faire engueuler sur les impôts ! ».

Plus grave, ces députés socialistes ont parfois l'impression que les ménages sont beaucoup plus lourdement ponctionnés que les entreprises.

- D'ailleurs, Libération en a fait sa Une la semaine dernière sur « Hollande, président des patrons ».

Je peux vous dire que l'Elysée n'a pas du tout apprécié. Et c'est peut-être pour ça en partie que le Président a décidé vendredi de s'inviter en catastrophe au journal télévisé de 20h. Il voulait dire aux Français qu'il n'y aura plus de nouvelle hausse de la fiscalité.

A six mois des municipales, il ne veut pas que l'image du « président des impôts » s'incruste dans la tête des Français. Malheureusement pour lui, c'est sans doute beaucoup trop tard. Alors il se rassure comme il peut : François Hollande se souvient très bien qu'en 2001, le gouvernement de Lionel Jospin avait, lui, baissé les impôts avant les municipales. Ca ne l'avait pas empêché de se prendre une déculottée électorale.

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