Cette semaine sonne le retour de Nicolas Sarkozy dans l’arène politique. Dimanche, normalement, trois jours après la conférence de presse de François Hollande, à la télévision.

En effet, sauf contrordre, Nicolas Sarkozy annoncera sa candidature à la présidence de l’UMP dimanche dans le journal de France 2 de Laurent Delahousse. L’ancien président a passé ces deux dernières semaines à explorer toutes les pistes possibles pour ne pas rater son retour.

Viendra, viendra pas.. Sarkozy joue à cache-cache avec les militants UMP
Viendra, viendra pas.. Sarkozy joue à cache-cache avec les militants UMP © maxppp

Pourquoi France 2? Parce qu'il était allé sur TF1 en 2012 pour déclarer sa candidature à la présidentielle et puis lui qui est souvent accusé de collusion avec les intérêts privés, a préféré le service public.

Comme depuis qu’il est en politique, pour l’ancien président, la forme est aussi importante que le fond.

Une chose est sûre : l' hypercommunication de Nicolas Sarkozy pendant son mandat ne l’a pas servi

Son échec est pour partie dû à sa surprésence médiatique. Cette intrusion permanente, envahissante dans les foyers français a généré un rejet proportionnel. En matière de communication, Nicolas Sarkozy est son principal adversaire. Ses proches ont déjà prévenu qu’il ne fallait pas s’attendre à ce qu’il commente l’augmentation du prix du timbre. Qu’il prendrait de la hauteur tout en retournant au contact des militants : un équilibre qui ne sera pas facile à trouver tant Nicolas Sarkozy peut être rattrapé par son ascendant naturel à commenter tout, tout le temps. Au lendemain de sa mise en examen, il n’a pas pu réfréner son besoin d’en découdre et il est apparu sur TF1 avec une arrogance qu’il avait tenté de gommer en quittant l’Elysée. Au grand dam de certains de ses soutiens qui auraient préféré qu’il garde ses nerfs et ne cible pas comme il l’a fait les magistrates. C’était le 2 juillet dernier :

"Les 2 dames" : du Sarkozy pur sucre !

La communication est aussi un véritable enjeu pour François Hollande

Car depuis le début du quinquennat c’est un échec quasi total, à l’exception peut-être des conférences de presse dont François Hollande maîtrise bien l’exercice – on verra jeudi si c’est encore le cas. Mais globalement, si Nicolas Sarkozy a trop communiqué, son successeur communique mal. « J’ai fini de vouloir comprendre sa manière de communiquer », confiait hier encore l’un de ses anciens ministres. En la matière, François Hollande s’est beaucoup positionné en fonction de Nicolas Sarkozy, refusant une communication professionnelle. Mais faute de l’avoir un tant soit peu travaillé, élaboré, François Hollande a gâché son rapport aux Français. Il n'a pas trouvė de fil conducteur. Il a esquivé de peur de froisser. Il a bricolé plutôt qu'échafaudé. En fait, François Hollande et Nicolas Sarkozy ont aujourd’hui une chose en commun: l’obligation de donner du sens, le premier à son pouvoir, le second à son retour. L’un François Hollande en trouvant enfin sa propre construction narrative, l’autre Nicolas Sarkozy en laissant de côté les grosses ficelles de com’ dont les Français, et c'est tant mieux, ne sont plus dupes.

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