Le virage régalien qu’entame Emmanuel Macron ne suffira pas à contrer Marine Le Pen.

Marine Le Pen à Fréjus
Marine Le Pen à Fréjus © AFP / Frederic DIDES / Hans Lucas

Vous revenez sur le discours de rentrée de Marine Le Pen hier à Fréjus et d’après vous, le virage régalien qu’entame Emmanuel Macron ne suffira pas à la contrer. 

C’est un secret de polichinelle : Emmanuel Macron s’apprête à enfourcher les thèmes de l’immigration et de la sécurité, les angles morts de son quinquennat.  Il va d’ailleurs s’en expliquer ce soir devant les parlementaires de la majorité. 

Depuis plusieurs jours déjà, sa garde rapprochée prépare les esprits à une refonte de l’aide médicale de l’Etat (AME). Et ces politiques, pour beaucoup issus de la gauche, ne font pas dans la finesse en répétant l’histoire de ces Géorgiennes qui profiteraient du système actuel pour venir se faire refaire les seins en France. 

Et tant pis si personne n’a vu pour l’instant le bout d’une prothèse qui permettrait de confirmer ces allégations 

On le voit, le chef de l’Etat espère couper toute voie de passage à un leader de droite, et surtout d’extrême droite. 

Mais pourquoi est-ce illusoire ?

Depuis 2017, Marine Le Pen et Emmanuel Macron ne sont pas dans une guerre de position mais de mouvement. 

Et il suffisait d’écouter le discours de Marine Le Pen hier dans la ville dirigée par David Rachline pour comprendre qu’elle a anticipé la manœuvre d’Emmanuel Macron. 

Elle est déjà ailleurs. 

Marine Le Pen a bien sur évoqué l’immigration hier. Mais elle a surtout clamé devant ses troupes qu’Emmanuel Macron nous aurait fait entrer, je cite « dans une société liquide, où plus rien n’est sûr. Même pas l’âge de départ à la retraite. » 

Avant d’ajouter : « Ils nous préparent une vie épuisante faite d’anxiété et d’incertitudes ». Elle a appelé en vrac,  à la renationalisation des péages, à la signature de la pétition contre la privatisation d’Aéroport de Paris et à repenser l’aménagement du territoire. 

Et même si cela semble difficile à mettre en œuvre, à une variation du prix de l’eau en fonction de son usage. 

Du sur-mesure pour les gilets jaunes

Oui, elle n’a pas oublié que le Rassemblement national est arrivé en tête au premier scrutin post-gilets jaunes, les européennes. Elle compte bien continuer sa progression, aux municipales, puis à la présidentielle. 

Pour ce faire, elle rejette l’union des droites professée par sa nièce Marion Maréchal et, met en avant ses nouveaux amis, l’ex LR Thierry Mariani ainsi que le transfuge de la France insoumise, Andréa Kotarac. 

L’embryon espère-t-elle d’une « union nationale », et de droite et de gauche, derrière ses thèmes de la régulation et de reconquête du patrimoine national. 

Une autre version du «  en même temps », comme un négatif parfait, et cela devrait faire réfléchir l’Elysée, de la campagne d’Emmanuel Macron en 2017.

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