Il reste un an et demi avant la présidentielle. Mais il y a des signes qui montrent qu’Emmanuel Macron s’est déjà mis en mode campagne…

Ce n’est plus tout à faire le père de la nation, l’homme dessus de la mêlée. Depuis lundi soir, en effet, Macron a sorti la boite à claques…

Ca s’est passé à l’Elysée. Le président reçoit des entrepreneurs du monde numérique. Et au micro, il commence à se payer les écolos, en particulier ceux qui réclament un moratoire sur la 5G. Cette technologie ultra-rapide pour les téléphones :

J'entends beaucoup de voix qui s'élèvent pour nous expliquer qu'il faudrait relever la complexité des problèmes contemporains en revenant à la lampe à huile. Je ne crois pas au modèle Amish.

Précisons que les Amish, c’est une communauté religieuse qui vit aux Etats unis, selon les règles du XVIIIème siècle.

Mais il n’était pas censé tout faire pour récupérer le vote écologiste ?

En fait, Emmanuel Macron a senti qu’il y avait un coup à jouer. On vient d’avoir la polémique  sur le tour de France et sur les arbres de Noël. A chaque fois, ca concerne des maires écolos, qui sont en train de passer pour des radicalisés de l’environnement.

Alors, le président s’engouffre dans la brèche. C’est le moment de les isoler. Macron, rappelons, s’est spécialisé dans l’art de disloquer ses adversaires. Il l’a fait avec les socialistes, puis avec la droite, maintenant il tente de fracturer les Verts sur la question de la décroissance. Or, c’est un sujet qui clive au sein même de l’électorat écolo… 

Au passage, Emmanuel Macron ressoude son camp. Et il renoue avec l’ADN des débuts, celui des start upers. Enfin, comme me l’a dit l’un de ses proches : c’est pratique de taper sur les Amish, il n’y en a pas en France.

Qu’est-ce que cet épisode révèle ?

Faire des tacles, des petites phrases, caricaturer, c’est des ficelles de fin campagne. Or, on est à un an et demi de la présidentielle. Ce changement de ton montre qu’Emmanuel Macron ne veut plus rester passif. Il veut faire le buzz et non plus le subir.

Après, cette stratégie elle est à double tranchant. Parce qu’il a déchainé la colère des écolos et des insoumis. Depuis lundi, ils le traitent de président arrogant, méprisant. Bref, ils l’enfoncent à son tour dans une caricature. C’est de bonne guerre. 

L'équipe
  • Marcelo WesfreidJournaliste au service politique du Parisien / Aujourd'hui en France
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