Il y a une question qui embarrasse beaucoup la présidente du FN : l’Europe.

Marine Le Pen, candidate du Front National et partisane d'un "Frexit" : une sortie de l'Union Européenne pour la France. A ses côtés, Florian Philipot
Marine Le Pen, candidate du Front National et partisane d'un "Frexit" : une sortie de l'Union Européenne pour la France. A ses côtés, Florian Philipot © AFP / GEOFFROY VAN DER HASSELT

Par Jannick Alimi

« On est gêné avec l’Europe et l’euro, c’est pour çà qu’on va mettre le turbo sur le régalien. » Celui qui me faisait ces confidences la semaine dernière, est l’un des ténors du Front national, un très proche de Marine Le Pen. Alors, quand on sait que la sortie de l’euro et de l’Union européenne est « une » voire « la » clé de voute de tout le programme de la présidente du FN, on ne peut être qu’étonné par ces propos.

Cet embarras, c’est parce qu’on n’ose plus le dire ouvertement au FN à une semaine du premier tour, cette perspective de Brexit à la française, mais ce Frexit ne fait décidément pas l’unanimité au sein du parti d’extrême droite. On connaissait les rivalités entre la ligne de Florian Philippot, le vice –président du parti et anti-Europe et celle, beaucoup plus prudente, incarnée par Louis Aliot , un des cadres dirigeants du FN et le compagnon de Marine Le Pen et aussi par sa nièce, Marion Maréchal Le Pen.

Mais officiellement, les divergences avaient été aplanies, et tous étaient sur la même ligne derrière Marine Le Pen et son message contre comme elle dit les « élites antidémocratiques » de Bruxelles. Mais, en fait plus ça va moins ça va…

Que va faire le FN si Marine Le Pen est élue ?

Encore faut-il qu’elle le soit. Car, tout le problème du FN c’est que ses positions anti-européennes risquent de lui faire rater la dernière marche du perron de l’Elysée. L’Europe, c’est le vrai « plafond de verre » du FN, ce seuil, qui remonte c’est vrai scrutin après scrutin mais qui empêche jusqu’à présent le parti de remporter une grande région et peut-être d’accéder à l’Elysée.

Un stratège du FN m’expliquait :

Les milieux économiques, les cadres ne nous suivent pas sur cette ligne anti européenne. Or on a besoin d’eux pour gagner et on aura besoin d’eux après. Alors ça devient compliqué pour nous.

Plus clairement, ce stratège du FN est en train de nous dire que Marine Le Pen est prise en tenailles. D’un côté, elle doit consolider son socle traditionnel et apparaître toujours commeeurophobe et de l’autre, élargir à tout prix son électorat et faire comme si elle n’était plus aussi europhobe que cela… La quadrature du cercle !

Alors « En avant toute !» sur le régalien donc, et comme on nous l’a montré encore Marine Le Pen ce week end, en stigmatisant ce qu’elle appelle « l’islamisme en marche » de l’un de ses concurrents ou le « multiculturalisme » de l’autre…

Après l’élection, Marine Le Pen serait-elle en danger ?

En cas de victoire, Marine Le Pen aura la main sur son parti mais en cas de défaite surtout si elle est sévère, elle devra rendre des comptes et notamment sur la ligne anti européenne. Mais comme m’assurait ce proche de Florian Philippot, "la victime idéale et expiatoire ce sera… Florian Philippot. Car ajoute cet élu FN qui veut garder l’anonymat, Marine, elle, de toute façon, elle restera intouchable."

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