Les deux interviews du chef de l’Etat ont dévoilé en filigrane ce que pourrait être la fameuse « jambe gauche » d’Emmanuelle Macron. Pourtant, le président de la République est resté droit dans ses bottes.

Emmanuel Macron
Emmanuel Macron © AFP / Charles Platiau

Par Jannick Alimi. 

Le président n’a pas fait bouger les lignes en matière sociale. Il l’a dit clairement : l’heure n’est pas à la redistribution d’une éventuelle cagnotte fiscale, ce surplus de recettes d’impôt généré par une croissance plus importante que prévu. 

La justice sociale pour Emmanuel Macron ne passe pas par « une pincée de sel de dépenses publiques. » Les mécontents qui défilent ou qui font la grève, certains parlementaires y compris au sein de sa propre majorité ont beau demander une « inflexion » dans son agenda de « président des riches », cette étiquette qui lui colle décidément à la peau, Emmanuel Macron n’en démord pas. C’est le travail, la fin des statuts et le redémarrage de la machine productive qui fonderont à long terme la baisse des inégalités.

Alors de quoi est faite la « jambe gauche » d’Emmanuel Macron ?

Le chef de l’Etat l’a suggéré dimanche. Les deniers publics et l’effort de solidarité doivent être portés sur ce qu’il appelle les « plus vulnérables ». Les plus vulnérables ce sont ces millions de personnes atteintes par les maladies graves, comme l’autisme, le cancer ou l’Alzheimer, les handicapés, les personnes âgées les plus démunies et les personnes âgées dépendantes.

Une députée La République En Marche membre de la commission des finances de l’Assemblée confiait : "Pour nous, la principale mesure sociale du quinquennat c’est la lutte contre le chômage de masse. Mais l’autre jambe de notre projet social c’est de mieux gérer nos finances publiques pour pouvoir aider massivement ceux qui ont des difficultés ou sont dans l’impossibilité d’entrer sur le marché du travail." 

Alors, concrètement, on a vu la hausse au premier avril des allocations pour les adultes ou les enfants handicapés, celle du minimum vieillesse. Et depuis dimanche c’est aussi la piste ouverte pour financer le cinquième risque du grand âge, par une journée de travail non payée ou par la Sécurité sociale. 

Est-ce que ce redéploiement des finances publiques suffira à « gauchir » l’image du président et surtout à combler le fossé des inégalités dans le pays ? Probablement pas. Emmanuel Macron devra écrire une autre page, celle-là plus sociétale, avec la reconnaissance par exemple de la PMA. 

Une façon de faire une politique plus à gauche sans dépenser un euro.

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