La réforme fiscale issue du Grand Débat commence à se dessiner, avec notamment une baisse de l’impôt sur le revenu et la suppression de plusieurs niches, mais l’incendie de Notre-Dame de Paris pourrait également inspirer Emmanuel Macron.

Le succès attendu de la collecte nationale destinée à reconstruire la cathédrale- déjà plusieurs centaines de millions d’euros- est instructif.  Bien sûr, contrairement aux impôts, ces dons sont volontaires. Mais cet élan de solidarité montre que les Français ne sont pas contre le fait de confier leur argent à la puissance publique. Mais à une condition : que cet argent bénéficie à des projets qu’ils jugent utiles et légitimes.  De quoi apporter de l’eau au moulin à ceux qui veulent faire payer tous les Français dès le premier euro de revenu. Mais aussi à ceux qui estiment que les missions de l’Etat doivent être plus sélectives.  Comme l'a glissé, non sans arrière-pensée, un député En Marche : 

Quel Français apporterait spontanément son écot à la rénovation d’Aéroports de Paris ? 

Aéroports de Paris dont la privatisation voulue par le gouvernement est contestée par l’opposition. Pour le moment, ce sont surtout les grandes familles du CAC 40 qui mettent la main au portefeuille  Des centaines de millions d’euros, effectivement. Ce qui pose inéluctablement la question de l’ISF. Mais là aussi, deux réponses sont possibles.  Pour la gauche, les 200 millions donnés par la famille Arnault ou les 100 millions par la famille Pinault sont bien la preuve que ces capitaines d’industrie ont de l’argent et que la justice fiscale voudrait que l’ISF soit rétabli.  Mais l’inverse est également audible. Si la France veut compter encore plus de milliardaires qui répondent présents en cas de drame national, eh bien, la suppression de l’ISF retrouve toute sa légitimité.  

Qu’est-ce que le gouvernement et l’Elysée devraient retenir de la tragédie de Notre Dame ?  

Une nouvelle règle fiscale pourrait naître de ce drame. D’ailleurs Bercy, Matignon et l’Elysée l’avaient évoquée au début de la crise des Gilets jaunes: il s’agissait de « flécher » la hausse de la taxe carbone. Concrètement, l’exécutif s’était rendu compte que cette hausse aurait été plus supportable si les automobilistes étaient certains qu’elle financerait la transition écologique. Seulement les principes de la fiscalité française interdisent à l’impôt d’avoir une contrepartie directe. Pourtant, si le consentement à l’impôt passe par une plus grande transparence sur l’utilisation des deniers publics, par exemple, une évaluation de l’ISF, cela vaut peut-être une petite révolution fiscale.

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