La crise des Gilets Jaunes est loin d’être résolue mais le mouvement semble s’essouffler. Tirons-en les premiers enseignements politiques. Il y a un grand perdant parmi les opposants à Emmanuel Macron...

Le perdant principal c’est évidemment Emmanuel Macron qui apparaît aujourd’hui comme un des présidents les plus affaiblis de la cinquième République. On pouvait donc s’attendre à ce que la farandole de ses opposants, qui n’ont pas ménagé leurs efforts pour récupérer le mouvement, tirent les marrons du feu de la contestation…  Or à croire les derniers sondages, notamment celui d’hier dans le JDD, il n’y a qu’un seul bénéficiaire de la crise: l’extrême-droite de Marine Le Pen.  Et parmi les perdants si Jean-Luc Mélenchon en baisse dans l’opinion depuis plusieurs semaines, laisse encore quelques plumes, le principal looser est bien Laurent Wauquiez. Crédité de 10% lors d’une éventuelle présidentielle il serait même désormais talonné par Nicolas Dupont-Aignan. C’est tout dire. Laurent Wauquiez qui a même vécu une nouvelle humiliation la semaine dernière lorsque Nicolas Sarkozy a joué les conseillers présidentiels pour sortir de la crise…  

Comment expliquer cette situation ?  

Il y a d’abord la personnalité d’un homme dont le soupçon de duplicité colle à la peau comme un vieux sparadrap. Le dernier épisode : cette histoire de gilet jaune qu’il a affirmé n’avoir jamais porté malgré la preuve en vidéo… Il y a ensuite la ligne droitière imposée par Laurent Wauquiez dont on voit bien, au fil des semaines, qu’elle cantonne le parti à une frange très limitée de la droite, Marine le Pen continuant de manger la laine sur le dos des Républicains. Il y a enfin l’absence d’idées, de propositions. Un vide qui s’est vu de façon caricaturale ces dernières semaines au fil de la crise des Gilets Jaunes. Si Laurent Wauquiez a fait le ménage dans son parti et s’est sans doute renforcé autour de son noyau dur, il n’imprime pas au-delà de ses affidés qui semblent se réduire comme peau de chagrin.  Pas au point d’être menacé à la tête des Républicains mais pour lui, les élections européennes constitueront un test crucial. Laurent Wauquiez a beau avoir été suffisamment prudent pour ne pas être tête de liste, tout mauvais résultat lui sera attribué. D’autant qu’en coulisses les Pécresse, Bertrand et consorts n’attendent que ça pour reprendre la main.

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