Par Solenn de Royer

Samedi je pars à Tahiti avec François Hollande. Ces déplacements en Outre-Mer des responsables politiques sont souvent propices aux confidences...

nicolas sarkozy en guyane
nicolas sarkozy en guyane © reuters

Je vous ai déjà raconté ce «off» mémorable de Nicolas Sarkozy à Cayenne, dans la moiteur de la nuit guyanaise : trois heures de discussions à bâtons rompus et cette confidence incroyable : «Si je perds en 2012, j’arrête la politique....»

Toujours Nicolas Sarkozy, mais cette fois pendant la campagne de 2007. Dans la piscine d’un grand hôtel, à La Réunion, il avait lancé aux journalistes : «Je serai un président comme Louis de Funès dans Le Grand Restaurant : servile avec les puissants, ignoble avec les faibles !» Une plaisanterie, bien sûr, mais...

J'ai aussi le souvenir d’un voyage en avion de retour des Antilles avec Dominique de Villepin, en 2006.

Villepin était alors en pleine compétition avec Sarkozy. Dans cet avion, il m’avait dit : «Je ne suis pas un professionnel de la politique et je ne veux pas apprendre.» Or, c’était précisément ce qu’on lui reprochait, à Villepin. De ne pas être élu, de mépriser les députés. Eh bien ce jour-là, c’était bas les masques, il assumait. Je me souviens, il riait même à gorge déployée. Il riait mais il avait le blues. C’était un moment de mise à nu.

Mais la palme des dérapages Outre-mer, c’est Lionel Jospin, en 2002. Le fameux«vieilli, usé, fatigué» pour parler de Jacques Chirac, c’était dans un avion qui revenait de La Réunion.

L'Outre-Mer, c’est une sorte de triangle des Bermudes de la parole politique. Une zone de tous les dangers !

L’éloignement, le décalage horaire, la fatigue, le climat... Touts ces éléments donnent un cocktail explosif pour les politiques ! Et préparer un voyage présidentiel, c’est tout un art. J’ai parlé avec un ancien conseiller Outre-mer du pouvoir. Il m’a confirmé qu’il était indispensable de prendre en compte le facteur fatigue dans le programme. Prévoir de vraies nuits de sommeil, des pauses. Il faut tout baliser ! « La règle d’or quand on est fatigué : se taire ou lire des éléments de langage. Sinon, danger ! » Parole de conseiller.

On attend donc des confidences de François Hollande à Tahiti et à Wallis et Futuna. L es conditions seront réunies. Plus de 20 heures d’avion pour Tahiti ! Puis encore 4 heures pour Wallis. Hollande enchainera ensuite une journée de visite, de 7h à 23 h. Un marathon ! Imaginez l’état de fatigue... !

Le président devra aussi sacrifier aux rituels locaux : manger du cochon grillé et boire un breuvage infect dans une noix de coco. Du kava. Cette boisson à base de racine de poivrier a des effets collatéraux : ça ramollit la mâchoire. Ce sera peut-être le moment de demander à Hollande s’il compte se représenter de 2017. Qui sait ?

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