C’est finalement Agnès Buzyn, la ministre de la Santé, qui remplace Benjamin Griveaux pour conduire la liste de La République en marche à Paris. Mission kamikaze ?

Agnès Buzyn a annoncé ce dimanche qu’elle se portait candidate pour prendre la suite de la campagne LREM pour la mairie de Paris
Agnès Buzyn a annoncé ce dimanche qu’elle se portait candidate pour prendre la suite de la campagne LREM pour la mairie de Paris © AFP / UGO PADOVANI / HANS LUCAS

Agnès Buzyn reprend la croix de Benjamin Griveaux pour mener la campagne macroniste à Paris... Et c’est bien d’un chemin de croix qu’il s’agit. Même avant cette sordide révélation de vidéos intimes qui a poussé Griveaux à se retirer, c’était le bazar dans le camp présidentiel. 

Un candidat officiel, Benjamin Griveaux, dont la campagne ne décollait pas, même en promettant de déménager la gare de l’Est en banlieue… Et un candidat dissident, Cédric Villani, pas très haut dans les sondages, mais suffisamment pour bouleverser le jeu.

Résultat : Anne Hidalgo est finalement apparue comme la favorite de l’élection municipale, Rachida Dati s’est emparée par surprise de la place de principale concurrente. Et du côté d’Emmanuel Macron, cette capitale qu’il rêvait de faire tomber dans son escarcelle est devenue synonyme de cauchemar.

Paris est un environnement plutôt favorable au macronisme

C’est très paradoxal, parce que Paris est la ville où l’on a plébiscité Macron. En 2017, 34% des Parisiens ont voté pour lui au premier tour, 89% au second tour. Sur le papier, l’hôtel de ville était donc prenable, et c’est d’ailleurs pour ça que Griveaux, l’un de ces ambitieux lieutenants de Macron, s’était vite positionné pour le trône. D’autant qu’à l’époque, Anne Hidalgo était au fond du trou, critiquée de toute part et même lâchée par son premier adjoint.

Sauf que la politique, ce n’est pas une simple histoire d’arithmétique. En se lançant bille en tête et sans parti à la conquête de l’Elysée, Macron a donné des idées à Villani qui s’est dit : après tout, pourquoi ne pas transgresser moi aussi ?

Mais tout ça, c’était avant l’affaire Griveaux.

Ce qui est sûr, c’est qu’Emmanuel Macron joue le tout pour le tout en envoyant au front Agnès Buzyn, une ministre issue de la fameuse « société civile », que l’on n’a jamais vue en campagne électorale... 

Mais si elle n’arrive pas à remonter la pente, le pire est à craindre pour la Macronie. Un dirigeant de La République en marche me le disait il y a quelques jours : « Si la mairie de Paris se joue entre Hidalgo et Dati, il y aura un schisme chez nous. » Autrement dit, dans cette ville qui devait être aux avant-postes du nouveau paysage politique à la sauce Macron, le bon vieux clivage droite-gauche pourrait prendre sa revanche… et semer un peu plus la pagaille dans le camp présidentiel. Parce que c’est le genre de situation où la devise « en même temps » devient parfaitement obsolète. 

C’est dire que pour Agnès Buzyn, le sauvetage de Paris s’annonce comme une mission plus compliquée encore que la lutte contre le coronavirus !

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