Gros plan ce matin sur la défenseure des droits Claire Hédon qui occupe depuis peu ce poste… Et qui fait déjà polémique en proposant la création de zones sans contrôles d’identité. Depuis, elle a corrigé ses propos. 

Elle est revenue en arrière, en expliquant qu’on ne l’avait pas comprise. Qu’elle voulait faire des expérimentations, trouver un moyen d’en finir avec les contrôles de police au faciès. Mais cela n’a pas empêché la volée de bois vert !

A commencer par Gérald Darmanin, qui l’a taclée : je ne serai pas le ministre des zones de non-droit. Voilà ce qu’il a dit. Débuts difficiles, donc, pour cette femme de 58 ans qui a été nommée en juillet dernier sur proposition d’Emmanuel Macron. 

Elle a un rôle clé dans nos institutions. Son mandat est de 6 ans. Elle est non révocable. Tout Français peut la saisir s’il s’estime victime de discrimination, s’il a un problème avec la police, s’il est un lanceur d’alerte, s’il y a un problème lié aux droits des enfants. C’est un champ vaste. Elle a 500 délégués en France…

Jacques Toubon, un prédécesseur exemplaire 

Il partait pourtant avec un handicap. Une image de politicien à l’ancienne, de chiraquien  aux méthodes parfois limites. Mais après six ans à ce poste, même la gauche a applaudi son bilan. Et avant lui, c’était Dominique Baudis. Un autre ancien ministre qui avait roulé sa bosse…   

Avec Claire Hédon, Emmanuel Macron a fait un pari inverse. Il a tenté un coup médiatique et politique. C’est une femme. Elle ne vient pas de la politique. Elle a été journaliste. Elle a dirigé l’association ATD Quart monde. Qui lutte contre la pauvreté.  

L’ironie de l’histoire, c’est qu’elle connaît, elle, par cœur les sujets de discriminations, c’était son quotidien. Et pourtant, elle s’est pris les pieds dans le tapis… 

Le gouvernement attend toutefois beaucoup d’elle… 

Oui, il a d’ailleurs enrichi ses prérogatives. Puisque depuis la semaine dernière, une plateforme anti-discriminations, avec un numéro vert et des juristes, est placée sous son autorité. 

C’était l’une des annonces phares d’Emmanuelle Macron en décembre, lors de son interview au média Brut. Promesse qui a déchainé la colère des policiers… Ils s’étaient sentis montrés du doigt. 

Bref, cette défenseure des droits avance en terrain miné. Elle va devoir mieux calibrer ses messages si elle veut éviter de trébucher et se faire, à son tour, un nom d’ici à 2026 !

L'équipe
  • Marcelo WesfreidJournaliste au service politique du Parisien / Aujourd'hui en France
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