A gauche, c'est la soupe à la grimace. Beaucoup anticipent une défaite et rallient sans attendre Emmanuel Macron. Pas toujours de façon désintéressée, d'ailleurs.

Emmanuel Macron fait face à une course des arrivistes dans ses rangs. Ici, le candidat à l'éléction présidentielle était en meeting à Lille, le samedi 14 janvier.
Emmanuel Macron fait face à une course des arrivistes dans ses rangs. Ici, le candidat à l'éléction présidentielle était en meeting à Lille, le samedi 14 janvier. © AFP / Philip Rock/ Anadolu Agency

Par Marcelo Wesfreid.

On le sait, beaucoup de socialistes, malgré la primaire, n'y croient plus. Tous les jours, on nous annonce de nouveaux ralliements à Macron. Bien sûr, il y a ceux qui le font par conviction. Et puis, il y a ceux qui se disent, "tiens, tiens, il y a des postes à prendre."

Et d'ailleurs, plus les sondages sont bons et plus, vous l'aurez remarqué, ils y a de ralliements intéressés.

L'autre jour, un parlementaire, un proche de Macron, m'a raconté une anecdote. Un patron de PME est venu le voir, dans son bureau. Et il lui a dit : « Je veux être investi dans ma ville pour devenir député. Comment je dois faire? » Et qu'est-ce qu'on lui a répondu?

On lui a répondu, à cet arriviste : « Tu commences d'abord par aller à une levée de fonds. Tu vas bouffer avec Macron. Tu fais ton chèque de 7500 euros. Et après seulement, tu reviens me voir! ». Je vous assure, c'est vrai.

Ce que dit cette anecdote, c'est que ça se bouscule au portillon. Et que pour l'instant, Macron en profite pour récupérer des sous, c'est le nerf de la guerre, mais il n'investit personne. Pas folle la guêpe... Sinon, ça va être le pugilat ! Il sait que le simple fait d'annoncer des candidats, partout en France, suffit à faire trembler le PS.

J'en profite pour souligner un point : comment vont être sélectionnés les candidats? Ils viendront de la gauche, de la droite? Qui va décider? Le grand chef? C'est une vraie question car il n'y a pas d'instances élues, pas de bureau national. Ce n'est pas vraiment démocratique.

Le problème va se poser de manière inévitable, à mesure qu'on se rapproche des élections.

Il faudra que son mouvement devienne adulte. Quitte à devenir de plus en plus un parti politique comme les autres. Il faut aussi qu'il décide, Macron, avec qui il veut travailler, quelle majorité il veut construire.

Un député socialiste proche de Vincent Peillon m'a dit, l'autre jour : « il faut qu'on trouve une solution gagnant gagnant avec Macron. Sinon, nos candidats socialistes se retrouveront face à des candidats pro-macron et tout le monde va être perdant... »

Seulement voilà, Macron, s'il commence à faire des accords d'appareil, il est mort. Il ne pourra plus jouer l'anti-système. C'est ce qu'on appelle une contradiction. Il va devoir la trancher rapidement.

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