2017, c’est dans trois ans, mais François Hollande y pense beaucoup. La semaine dernière, nous disions qu’il voyait d’un bon œil le retour de Nicolas Sarkozy. En revanche, c’est sur sa gauche qu’il nourrit des inquiétudes…

François Hollande craint tout simplement une candidature unique concurrente pour 2017. Une alliance entre le Front de gauche, les écologistes, et pourquoi pas des socialistes déçus par sa politique, cette quarantaine de députés frondeurs qui font beaucoup parler d’eux en ce moment.

cécile duflot aurait refusé la place de n°2 du gouvernement valls
cécile duflot aurait refusé la place de n°2 du gouvernement valls © reuters

Ses craintes sont justifiées si l’on en croit la rencontre de samedi soir qui réunissait plusieurs personnalités de ces trois pôles, dont le patron du parti communiste Pierre Laurent, le numéro 2 d’Europe Ecologie, et l’ancien premier secrétaire du PS, Henri Emmanuelli.

Cécile Duflot se verrait bien représenter ce petit monde gaucho-écolo. L’ancienne ministre de François Hollande n’en dit pas un mot à ce stade, mais depuis son départ du gouvernement avec fracas il y a deux mois, elle cultive sa personnalité d’affranchie. Elle n’a de cesse de critiquer l’orientation pas suffisamment à gauche à son goût de la politique de l’exécutif.

Il a suffi que Manuel Valls annonce vouloir amender sa loi Alur sur le logement pour qu’elle montre ses muscles et défende une des seules « véritables lois de gauche de ce mandat ».

Jean-Luc Mélenchon pourait prétendre incarner cette candidature alternative à gauche, mais son échec aux européennes l’a profondément affaibli politiquement et personnellement. Ce qui n’a pas échappé à Cécile Duflot. Comme il ne lui a certainement pas échappé que c’est une alliance entre le Parti de gauche et les écologistes qui a permis la victoire, en mars, du Vert Eric Piolle à la mairie de Grenoble face au candidat socialiste. Enfin, pour mesurer la détermination de Cécile Duflot, il faut se souvenir qu’en 2012, elle avait passé son tour pour mieux, murmurait-on déjà dans son camp, préparer 2017. François Hollande va donc tenter de lui barrer la route. A défaut d’être un grand réformateur, il demeure un bon stratège. Et il a flairé le piège : une candidature écologiste-communiste-Front de gauche et gauche du PS sous une même bannière pourrait attirer une partie de son électorat et hypothéquer sa présence au second tour. Au moment même où Manuel Valls met en garde contre une qualification de Marine Le Pen, c'est dire que la menace est prise au sérieux. François Hollande a donc déjà commencé les manœuvres. Comment ? En tentant de diviser l’adversaire.

C’est vieux comme le monde. Samedi, il a reçu en toute discrétion Jean-Vincent Placé, le sénateur socialiste qui fut un proche de Cécile Duflot mais qui s’en éloigne aujourd’hui.

Pour cause de divergence tactique : Placé préfère rester dans l’orbite de la majorité actuelle. C’est certainement là un avantage non négligeable pour François Hollande et il en est parfaitement conscient : les Verts n’ont jamais brillé par leur unité. Idem du côté de l’extrême gauche. Sauf que le PS est aujourd’hui tellement faible – moribond a même dit le Premier ministre- qu’écolos et gauchos ont aujourd’hui une chance inespérée de prospérer sur ses décombres. De quoi alimenter une ambition commune !

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