Nicolas Sarkozy veut ouvrir le débat sur le droit du sol et Robert Badinter propose dans un livre publié ce matin d’en finir avec un code du travail jugé « obèse ». Mais y a-t-il un rapport entre ces deux sujets ?

Le rapport, c’est qu’ils seront au cœur de la présidentielle en 2017 ! Et surtout, il s’agit de deux vaches sacrées du fameux « pacte républicain ». Depuis des années, quiconque ouvre ce débat s’expose à de graves procès d’intention.

Dans le cas d’une réforme du droit du sol, on vous accusera de faire le jeu des xénophobes, et de trahir la République, et dans celui de la réforme du travail, on dénoncera la tentation ultralibérale.

Et n’allez pas croire que le droit du sol suscite plus de polémique que le Code du Travail. Il suffirait que François Hollande propose de réfléchir au texte de Badinter pour qu’on ait droit à un branle-bas de combat généralisé du côté des partenaires sociaux.

Nicolas Sarkozy
Nicolas Sarkozy © REUTERS/Lionel Bonaventure/Pool

Mais dans le cas de Sarkozy, c'est un calcul politique qui consiste à chasser sur les terres du FN. Cela dit, les images qui nous viennent de la frontière franco-italienne montrent bien que la question ne cesse de se poser. Depuis Sangatte en 2003, le problème de la régulation des flux migratoires est au cœur du débat. Le durcissement du droit du sol peut être un élément de réponse.

Pour le parti de Marine Le Pen, il faut tout simplement le supprimer. En revanche, pour les Républicains de Sarkozy, il s’agit de le modifier, comme cela a déjà été fait il y a vingt ans par Charles Pasqua et comme c’est le cas dans la plupart des pays européens, quand ils ne relèvent pas purement et simplement d’un droit du sang, comme en Italie ou en Espagne.

L’évolution du droit du sol est-elle une vraie solution ? C’est là que le débat se complique, y compris à droite où tout le monde n’est pas d’accord à ce sujet. C’est le cas par exemple de Maxime Tandonnet, qui est l’ancien conseiller immigration de Sarkozy à l’Elysée, qui estime dans son blog que le débat sur le droit du sol est un « chiffon rouge » inefficace et politicien. Il rappelle que seulement 30 000 personnes accèdent automatiquement à la nationalité française grâce au droit du sol et que ce sont souvent des Français dans les faits. Selon lui, ce n’est pas là que ça se joue. Et il propose de chercher à mieux contrôler les mariages blancs ou les naturalisations ou les reconduites à la frontière, qui représentent environ 130 000 personnes par an.

En fait, tous les gouvernements, à des degrés divers, ont échoué sur ces questions. Qu’il s’agisse des flux migratoires ou de la simplification du marché du travail. En 2017 peut-être, osera-t-on en parler vraiment pour la première fois.

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