Finie l'improvisation en matière de communication. Tout est maintenant pensé avec Macron, pour créer un lien assez particulier avec les médias.

Emmanuel Macron, nouveau président de la République, le 16 mai, avec les doigts joints pour former la Tour Eiffel en soutien à la candidature de Paris aux J.O de 2024
Emmanuel Macron, nouveau président de la République, le 16 mai, avec les doigts joints pour former la Tour Eiffel en soutien à la candidature de Paris aux J.O de 2024 © AFP / STEPHANE DE SAKUTIN / AFP

Par Marcelo Wesfreid.

Dimanche, j'étais à la cérémonie d'investiture. Pendant plusieurs heures, on a reçu, nous les journalistes, des SMS, une douzaine, pour nous donner en temps réel des informations sur la passation de pouvoirs. Une façon de nous permettre de couvrir l'événement. Une façon, aussi, de donner une coloration à nos commentaires, de peser un peu sur le récit de la journée. De quoi parlaient ces SMS ? De la liste des invités ; la liste des musiques jouées par l'orchestre ; quelles étaient les marques des habits de Monsieur ou de madame. Mais aussi où le couple allait habiter.

Exemple :

Le couple Macron réside actuellement dans le VIIème arrondissement. Pour des raisons de sécurité, le couple présidentiel devrait s'installer sans tarder dans l'appartement du palais de l'Elysée.

C'est de la communication, du storytelling, où rien n'est laissé au hasard. En ce sens, on a changé d'époque. Cela aurait été impensable sous Hollande. D'ailleurs, le changement était notable. En 2012, les journaliste étaient sur une estrade. En hauteur. On voyait tout ce qui se passait dans la salle des fêtes. En 2017, sous Macron, pas d'estrade : les journalistes étaient debout, derrière les invités. On ne voyait rien. Du coup, on regardait l'essentiel sur une télé. En clair, on ne nous donnait pas grand chose à voir par nous même...

Autre chose m'a frappé. Pour couvrir ce type de cérémonies, la procédure est que les rédactions envoient un reporter, qui demande son accréditation à l'Elysée. Là, les équipes de Macron ont choisi d'inviter, d'elle même, certains journalistes. A l'inverse, vous aviez des journalistes qui avaient demandé à être accrédité qui ont dû, eux, patienter, jusqu'à la dernière minute pour pouvoir entrer dans la salle des fêtes...

Comme une façon de créer des différences entre journalistes et d'en favoriser certains. On verra à l'usage si c'est juste un hasard, lié à une désorganisation passagère, la nouveauté... Ou si c'est une stratégie de mise sous tension, voire de mise en concurrence des journalistes, délibérée. Comme Macron, d'une certaine façon, fait avec les partis politiques, qu'il déstabilise en chouchoutant certains élus. En tout cas, ça n'a pas plu à tout le monde. Un grand média a même failli boycotter la passation de pouvoirs. Une chose est sûre : en communication, comme dans le reste, une page est tournée.

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