La circulation en alternance à Paris et en proche banlieue est une mesure prise sous la pression.l Il s’agirait même d’éviter une crise gouvernementale.

circulation alternée dès lundi à paris
circulation alternée dès lundi à paris © reuters

Passez-moi ce jeu de mots mais, au gouvernement, on dirait bien que ce sont les Verts qui ont les clés de la bagnole. Et que ce soit leur ancienne patronne, Cécile Duflot, qui tientle volant entre ses mains. La ministre du Logement a fait un lobbying d'enfer la semaine dernière auprès de François Hollande et de Jean-Marc Ayrault pour obtenir la circulation alternée. Elle n'était pas contente, Cécile Duflot, des mesurettes sur la gratuité des transports. Elle a donc fait monter la pression. Et ça a marché. Pourquoi ? Parce que le Président est très attentif aux écolos. Il les cajole, il les bichonne, il leur passe tout. Il a été vacciné, François Hollande, par l'élimination de Lionel Jospin le 21 avril 2002. Et il n'a qu'une crainte, c'est que les écolos sautent de la voiture gouvernementale en marche et qu'ils présentent un candidat à la prochaine présidentielle.

Au sein de la majorité, certains pensent aussi que le gouvernement ne devrait pas laisser aux Verts le monopole des questions écolos. Je ne voudrais pas être trop cynique, mais si le gouvernement a imposé cette mesure qui fait râler, c'est d'abord pour des questions de santé. La circulation alternée, en cas de pic de pollution, c'est encore ce qu'il y a de mieux.

Il n'empêche, certains socialistes s'inquiétaient la semaine dernière de ce qu'on pourrait appeler un syndrome « Home ». Vous vous souvenez de ce documentaire écolo de Yann Arthus-Bertrand, diffusé à la veille des élections européennes de 2009 ? Les Verts avaient fait un carton, en arrivant devant le PS. Les socialistes ne veulent pas que ça se reproduise aux municipales.

En fin de semaine, un ministre me disait, avec un petit air soucieux : « Cette affaire de pollution, ça va avantager les Verts ». Il n'est donc pas interdit de penser que Hollande et Ayrault ont voulu faire d'une pierre deux coups : protéger la santé des Français et leur bas de laine électoral.

Voici ce qu’en pense Jean-François Copé, qui était hier sur Europe 1 :

Copé est en campagne, il pense à ses électeurs qui vont souffrir pour venir travailler à Paris s'ils sont immatriculés avec un chiffre pair . Alors, est-ce que c'est une bonne opération pour le gouvernement ? A priori, c'est plutôt non. Et pas seulement parce c'est une mesure impopulaire. La communication, c'est un métier. Une fois encore, le gouvernement a commis, si j'ose dire, un bel impair en attendant samedi soir, après cinq longues journées de pollution, pour l'annoncer, au risque de provoquer une belle galère pour les usagers de banlieue. Mais cela pourrait plaire, en revanche, aux bobos parisiens, dont le PS a grand besoin pour conserver la capitale.

Comme me disait un socialiste, un brin moqueur : « Avec cette affaire, on va faire un carton chez les gauchos. Les Verts rêvaient des 32 heures hebdomadaires ? Nous, on invente le travail un jour sur deux ! »

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