Les Français ne croient plus leurs élus et cela ne va pas s'arranger.

Vous connaissez le proverbe « souvent femme varie, bien fol qui s'y fie » ? Eh bien dans l'esprit des Français, il s'applique merveilleusement aux hommes politiques. Pour eux, leur parole est démonétisée, ruinée, dégradée. Et si je vous parle de ça, c'est parce je voulais revenir sur deux déclarations qui ne vont certainement pas améliorer les choses. Celle de François Hollande, d'abord, qui a promis juré, j'allais vous dire « les yeux dans les yeux », que la pause fiscale, c'était maintenant, oui maintenant, tout de suite !Ecoutons le Président, le 6 novembre dernier :

Vrai ou pas, on verra, mais une chose est sûre : les Français n'y croient pas ! Ils ont encore en tête sa promesse de 2013 sur la fin du matraquage fiscal. On connaît la suite...

vote de confiance pour le nouveau gouvernement en septembre ou en octobre
vote de confiance pour le nouveau gouvernement en septembre ou en octobre © reuters

Et il y a eu ce week-end le virage à 180 degrés de Nicolas Sarkozy sur le mariage gay. Il était devant une salle pleine de militants issus de la « Manif pour tous » et il a promis qu'il abrogerait la loi Taubira s'il revenait au pouvoir, et plus seulement de la réécrire. Et ce n'était pas son seul revirement : il s'est aussi contredit aussi, l'ancien président, sur l'aide médicale d'Etat pour les sans-papiers. Il veut la supprimer. Et pourtant, pendant la présidentielle de 2012, il la défendait avec fermeté. Souvenez-vous :

Le résultat, c'est une défiance sans précédent.

Les sondages se suivent et se ressemblent. Ils montrent tous une crise profonde du système représentatif : neuf Français sur dix ne croient plus leur classe politique. Dans le baromètre Cevipof publié en janvier, 11% seulement avaient encore confiance dans les partis politiques. Les électeurs n'arrivent plus à croire des élus qui font au pouvoir l'inverse de ce qu'ils ont promis dans l'opposition, ou alors qui promettent des choses qu'ils n'ont pas faites quand ils étaient en fonction. Bref, ils ont le sentiment qu'ils font passer leur carrière et leur popularité avant leurs convictions.

Mais les électeurs ont aussi leur part de responsabilité !

Il faut être cohérent. On ne peut pas reprocher aux politiques de mentir du matin au soir et continuer à voter pour ceux qui nous disent ce qu'on a envie d'entendre, au lieu de nous promettre du sang et des larmes. Alors, certains élus se vantent de "dire la vérité". Je pense à Manuel Valls, Bruno Le Maire ou Alain Juppé. Mais voilà, là encore, l'avenir nous dira s'il ne s'agit que d'une posture électorale...

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