Par Renaud Dély

Le candidat à la primaire de la droite et du centre, François Fillon,  en meeting à Lille le 9 novembre 2016
Le candidat à la primaire de la droite et du centre, François Fillon, en meeting à Lille le 9 novembre 2016 © AFP / Philippe Huguen

Fillon, c’est l’homme de la semaine ! Alors nul ne sait s’il sera celui de la semaine prochaine, c’est-à-dire s’il franchira le cap du premier tour dimanche, mais ce qui est sûr, c’est que François Fillon a imposé l’idée qu’il finissait sa campagne en trombe. Il y a encore quinze jours, il répétait partout que les sondages étaient bidons et maintenant que les mêmes sondages le mettent à la hausse, il le dit moins fort… C’est normal, c’est humain.

Sa progression inquiète ses concurrents, et ça, c’est un signe qui ne trompe pas. Ils se sont tous mis à taper dessus comme des sourds. Évidemment, son grand « ami » Jean-François Copé s’en donne à cœur joie. Et les sarkozystes ne sont pas en reste… Ils se sont toujours plu à dépeindre Fillon en lâche, en couard, et un ancien ministre me rappelait le surnom qu’il lui donnait il y a quelques années. C’était « Courage, Fillon », évidemment !

Plus étonnant, un soutien de Juppé m’a glissé: « Non mais Fillon quand même ! Il ne fait pas envie. C’est un sacré bonnet de nuit, non ? » Alors que Juppé, évidemment, c’est bien connu, il est poilant, c’est Zavatta !

François Fillon ne passe pas pour l’homme politique le plus cool, il faut reconnaître que ce n’est pas faux. La mine sombre, les sourcils froncés, ça n’aide pas. Et pourtant, Fillon fait des efforts. Je vais vous raconter un dîner par exemple. C’était il y a un peu plus d’un an.

Anne Meaux, la célèbre communicante, m’appelle et me dit : « Venez diner à la maison, je veux que vous faire découvrir la vraie nature de mon copain François, c’est le meilleur et vous verrez, il est super sympa.. ».

Quelques jours plus tard, je me retrouve dans sa cuisine avec trois autres journalistes. Fillon a l’air plutôt détendu, il commence à raconter deux ou trois anecdotes. Il balance sur Sarkozy qu’il ne supporte plus. Ses mensonges, ses menaces, on comprend vite qu’il en a bavé pendant cinq ans à Matignon. Le vin aidant, on se dit que Fillon va se déboutonner enfin… Il nous sert des pâtes et il se met à parler de sa famille. Il raconte ses vacances avec son dernier fils. Il sort son portable et il nous montre des photos de son fils. « Il est beau, hein, qu’est ce que vous en dites ? » Et là, il se referme d’un coup. Et il balance : « Non mais qu’est ce qui me prend de vous montrer des photos comme ça, c’est d’un vulgaire, on dirait Sarko ! »

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