par Nathalie Schuck

Nicolas Sarkozy pendant le débat de la primaire de la droite, le 13 octobre 2016.
Nicolas Sarkozy pendant le débat de la primaire de la droite, le 13 octobre 2016. © Maxppp / Aurelien Morissard / IP3

Ce matin, vous nous parlez de Marine Le Pen qui s'inquiète de voir Alain Juppé si haut dans les sondages. Elle se dit que, pour elle, ça va être compliqué...

Oui, en petit comité, Marine Le Pen raconte qu'elle a regardé jeudi soir le débat de la primaire à droite. Et elle s'est ennuyée à mourir. Comme elle dit : « je me suis fait ch... à cent sous de l'heure ! » Elle a trouvé ça trop technique, trop techno, avec des débats sur le taux de TVA à la virgule près, bref pas du tout présidentiel à ses yeux. Vous le savez, elle est en pleine phase de dédiabolisation, elle sait qu'elle fait peur à beaucoup de Français. Donc elle s'efforce de rassurer et promet que, elle présidente, elle ne s'embarrasserait pas de détails techniques sur les dossiers (il faut dire que les chiffres sont son gros point faible). Elle présidente, elle ne ferait certainement pas de confidences aux journalistes (il faut dire que les rapports du FN avec la presse sont un chouïa tendus). Elle présidente, elle ferait tous les ans un grand discours diplomatique devant les Français, comme le font les présidents américains.

Est-ce que certains élus pensent qu'elle peut gagner ?

A gauche, oui. Je ne vous apprends rien en vous disant que les proches du président sont très, très déprimés. Il y a quelques jours, l'un d'eux m'a fait cette confidence : « Pour la première fois, je pense que Marine Le Pen peut gagner ». A droite, certains comme Laurent Wauquiez, le patron des Républicains, parient qu'elle est sous-estimée dans les sondages et qu'elle fera plus de 30% au premier tour, surtout si la France est frappée par une nouvelle vague d'attentats. Devant ses proches, Patrick Buisson, l'ancien gourou de Nicolas Sarkozy, fait la prophétie suivante : si Marine Le Pen atteint 40% au premier tour, elle gagne, car la dynamique sera de son côté.

Et elle, elle croit vraiment en son destin ?

Alors, j'ai perçu chez elle un petit vent de pessimisme. Quand on lui demande qui va gagner la primaire à droite, elle répond « Juppé » en faisant franchement la moue. Car ça ne l'arrange pas. Elle se dit que face à Juppé, elle ferait certes un bon premier tour avec des électeurs de Sarkozy qui voteraient directement pour elle, mais qu'elle serait balayée ensuite par le front républicain, comme aux régionales de 2015. En revanche, elle semble persuadée qu'elle peut battre Nicolas Sarkozy en duel. Parce que les électeurs de gauche le détestent tellement que, d'après elle, ils ne viendraient pas voter. Sarkozy, c'est son meilleur rabatteur, son meilleur agent électoral. Mais même elle, visiblement, n'y croit plus trop...

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