On ne les entend plus, on ne les voit plus. Pire ! On ne les connaît même plus. Que sont les socialistes devenus ?

Par Jannick Alimi

Où sont passés ceux qui nous gouvernaient il y a à peine cinq mois ?

Soyons justes, tout d’abord. Le PS, on l’a dit ici même, a étonnamment résisté lors des sénatoriales de septembre dernier. Mais, what else ? On sait que la lumière va bientôt s’éteindre rue de Solférino, siège quasi historique du PS. On sait que l’appareil et les militants socialistes préparent leur Congrès de février prochain. On sait enfin qu’une direction collégiale de 28 membres vient d’être désignée en attendant de se choisir un chef. Mais au fait, qui pourrait me citer le nom d’un seul des membres de cette direction collégiale ? 

Il y a tout de même une nouvelle génération de quadras qui est prête à prendre en main le destin du PS mais l'un d'entre eux, ex député me confiait atterré :

Nous les jeunes, nous n’avons pas été à la hauteur. On a gagné avec Hollande mais depuis on n’a pas assez travaillé. On a été de gros fainéants. 

Il est vrai que lorsque le PS a perdu en 1993 et 95, il y avait une relève crédible qui avait pour nom Fabius, Jospin, Aubry, Rocard. Mais aujourd’hui, ce n’est pas faire injure à Olivier Faure, Boris Vallaud et autres Didier Guillaume, que d’affirmer qu’ils supportent difficilement la comparaison avec leurs aînés. Alors, cause ou conséquence de cette relative faiblesse, eh bien on voit les vieux crocodiles sortir de leur marigot : Montebourg sur le dossier Alstom et GE Hydro, DSK, lors d’un hommage à l’ancienne ministre Nicole Bricq, et il ne se passe plus une semaine sans que Hollande fasse une petite sortie à Paris ou en province, pour sa Fondation, bien sûr.

Est-ce l’impasse pour le PS ? Sans chef et sans discipline, on se serait tenté de le croire. Mais c’est surtout d’une ligne politique dont le PS manque cruellement. Et avant tout sur l’Europe., comme le disait une députée PS :

« Il y a encore trop d’eurosceptiques parmi nous. Il est grand temps de faire le ménage. » 

Alors, il y a les optimistes, qui estiment dur comme fer qu’il existe un espace politique entre la gauche populiste de Mélenchon et le centre libéral de Macron. Et puis, il y a les autres. 

Un cadre du parti confiait :

« Notre prochain leader sera le chef d’un champ de ruines, Nous ne sommes pas en convalescence, nous sommes encore à l’agonie. » 

Affaire à suivre.

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