Hier, il n’y avait pas que le vote de confiance au gouvernement Valls. On parlait aussi, en coulisses, du retour annoncé de Nicolas Sarkozy. Comment François Fillon et Alain Juppé vont-ils pouvoir résister au tsunami Sarkozy?

Pas facile de faire face à la déferlante, au raz-de-marée, au cyclone Sarkozy ! Pas facile quand on s’appelle François Fillon et qu’on a toujours parié sur un retrait définitif. « Nicolas connaît trop la politique, il sait qu’on ne revient pas quand on est parti », a souvent dit Fillon.

D’ailleurs, il avait bien noté ce que répétait son président d’alors.

C’était en mars 2012, en plein premier tour de la présidentielle, il répondait aux questions de plusieurs journalistes :

Avec Sarkozy, aucune des vieilles règles n’est plus valable, vous le savez bien ! Fillon se retrouve donc dans la pire situation pour lui. Il y a peu, un ami de Sarkozy me disait méchamment qu’il ne voyait pas « l’ancien chambellan tenir tête à l’ancien roi ». Pas facile en effet, car pour le moment, les sondages ne sont pas très encourageants pour Fillon.

Les points qu’il a perdus sont partis chez Alain Juppé. Le maire de Bordeaux vit de son côté un petit conte de fée : il apparaît pour le moment comme le dernier rival sérieux de Sarkozy à droite.

Il n’y a de place que pour un seul outsider face à Nicolas Sarkozy

Alain Juppé et François Fillon lors d'un meeting en 2013
Alain Juppé et François Fillon lors d'un meeting en 2013 © Radio France / Fabien Cottereau

Ils le savent, mais ils ne veulent pas trancher cette question avant le premier tour de la primaire de 2016. En attendant, ils vont s’armer de patience et continuer de défendre leur projet. Qu’il s’agisse de Juppé ou Fillon, les entourages adoptent les mêmes formules : « avec un Tsunami, il y a le flux, et le reflux ».

Enfin, un tsunami, ça fait parfois des dégâts. Chacun s’y prépare, et se met en mode résistance.

Hier chez Fillon, il y avait du monde. Certains faisaient remarquer qu’un récent sondage OpinionWay indique que 64% des Français ne sont pas intéressés par le retour de Sarkozy. « Quand il sera là, ça va vite créer une overdose », me disait aussi un fillonniste.

Alain Juppé de son côté, n’a pas l’intention de battre un cil et de changer de rythme. Ecoutez cette phrase d’un de ses très proches : « Il ne va pas faire la campagne d’un autre, il ne va pas se transformer en bateleur d’estrades, et lancer des promesses qu’il ne peut pas tenir ».

Face à Sarkozy, Fillon et Juppé sont plus alliés que rivaux...

Il leur faut d’abord parier sur l’usure d’un Sarkozy omniprésent. Car ce qui compte, répètent-ils en cœur, c’est d’être prêt pour les primaires de 2016. Et d’attendre que le tsunami se retire. En espérant avoir survécu.

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