Le socialiste termine aujourd’hui une tournée de cinq jours dans l’Ouest de la France. C'est déjà l’heure d’un premier bilan de campagne.

Benoît Hamon à Captieux
Benoît Hamon à Captieux © AFP / MEHDI FEDOUACH

Par Jean-Baptiste Daoulas.

Plus de 10.00 kilomètres parcourus. Dix villes visitées. Dans son équipe, on appelle ça “la tournée du coeur battant”. Mais en cette période de Pâques, c’est plutôt un interminable chemin de croix. En public, Benoît Hamon est condamné à afficher une volonté de fer. Oui, il sera au second tour. Oui, il y croit encore. Même si plus personne n’y croit autour de lui. Pas le choix, sinon, ses électeurs risquent de le lâcher.

Et la peur ultime, c’est de passer sous la barre des 5%, qui serait synonyme de catastrophe politique et financière pour le PS. Mais en privé, Benoît Hamon commence déjà à faire le bilan de la campagne. Ce weekend, devant quelques journalistes qui l’ont suivi en Bretagne, il a reconnu que son principal handicap, c’était son étiquette de sortant socialiste, qui fait peser sur lui le bilan du quinquennat.

Pourtant Benoît Hamon est bien accueilli sur le terrain

il a fait salle comble à Rennes. Partout où il passe l’accueil est chaleureux. Pas de concerts de casseroles comme pour François Fillon, pas d’attroupements de militants syndicaux comme pour Emmanuel Macron. La semaine dernière, il a visité quatre villes de banlieues en une journée, sans un seul accroc.

Dans une campagne présidentielle aussi hystérisée, je peux vous dire que très peu de candidats pourraient se le permettre. Un vieux routier du PS me confiait d’ailleurs son étonnement dans les rues de Villiers le Bel, dans le Val d’Oise : “En 1993, on sortait avec un tract, on se faisait cracher dessus. Alors que là, on ne se fait pas jeter.”

Même si ça n’imprime pas dans les intentions de vote, c’est sur cette note positive que l’équipe Hamon veut terminer. C’est ce que me disait l’un de ses proches :

Sa force c’est qu’il est apprécié. C’est ce que l’on veut symboliser dans la dernière ligne droite.

D’où l’organisation demain d’un grand rassemblement festif place de la République à Paris demain soir.

Une comparaison avec Jean-Luc Mélenchon cruelle

C’est aussi place de la République que Jean-Luc Mélenchon avait réuni des dizaines de milliers de personnes il y a un mois. Il revendiquait 130 000 personnes. Et la comparaison risque d’être cruelle demain soir. Pour la petite histoire, l’équipe de Benoît Hamon n’a pas obtenu les autorisations pour couper la circulation place de la République.

L’ombre de Jean-Luc Mélenchon et du vote utile à gauche, elle va planer sur la campagne de Benoît Hamon jusqu’au dernier jour. “La presse a le droit de choisir et de ne parler de Hamon que par rapport à Mélenchon”, s’irrite d’ailleurs un proche du socialiste. Avant d’enfoncer le clou. “On n’abandonne pas, même si on est promis à un bas score. Si ce que l’on fait ne marche pas aujourd’hui, c’est important pour demain.”

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