Quatrème personnage de l’Etat, le président de l’Assemblée nationale est normalement un personnage puissant dans la majorité. Mais, là, François de Rugy cherche sa place…

François de Rugy, écolo fraichement converti au Parti Socialiste
François de Rugy, écolo fraichement converti au Parti Socialiste © Radio France / THOMAS SAMSON

Par Marcelo Wesfreid

Pour les téléspectateurs qui suivent les débats. François de Rugy c’est avant tout cet homme aux cheveux poivre et sel, malgré ses 44 ans. Un monsieur au perchoir, qui tape avec sa baguette dès un député parle trop longtemps. Ensuite, il lui coupe le micro. Il l’a coupé l’autre jour à la députée France insoumise Clémentine Autain. Cela a fait scandale et Jean-Luc Mélenchon a quitté l’hémicycle.

D’habitude, on place à ce poste prestigieux, un poids lourd. C’était naguère Laurent Fabius, c’était jadis Chaban-Delmas. Président de l’assemblée, c’est un peu la reine d’Angleterre. Vous organisez le débat parlementaire, vous avez quand même quelques pouvoirs de nomination, par exemple vous choisissez trois des membres du Conseil constitutionnel, mais globalement, votre pouvoir, c’est votre parole. C’est de faire entendre une voix forte, au-dessus de la mêlée. 

François de Rugy s’exprime peu. C’est difficile en tant que journaliste de le voir. Actuellement, on sait qu’il n’est pas content de la réforme constitutionnelle. Elle réduit trop le rôle du parlement à son goût. 

Mais à la vérité, on entend surtout son homologue du sénat, Gérard Larcher, qui est le personnage clé de la réforme, puisque c’est le sénat qui fera pencher la balance.   

Et puis, de Rugy n’est pas un macroniste de la première heure. Il n’a pas fait la campagne. Les députés d’En marche ne le considèrent pas vraiment comme l’un de leur chefs. Rien à voir avec le président de groupe Richard Ferrand ou encore un Christophe Castaner, le patron de la république en marche. 

Tout cela, ne l’a pas empêché de devenir, dans un temps record, un macroniste de choc, plus macroniste que les macronistes quand il s’agit de défendre la politique du président. Il a le zèle des nouveaux convertis!

Il faut se pincer pour y croire. Quand on se souvient de ses propositions, il y a tout juste un an et demi. Où il est passé, ce François de Rugy qui était candidat à la primaire de gauche, c’était l’écologiste contre Valls et Hamon ? De Rugy militait pour le vote obligatoire, pour la fin du diesel en 2025, la fin du nucléaire en 2040, la légalisation de l’euthanasie, l’encadrement de la GPA. Il avait fait 4% sur ce programme. Tout ça, est bien rangé au fond d’un tiroir. Ainsi va la recomposition politique. 

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