L’opposition à la réforme des retraites donne un nouveau souffle à la gauche. Une union de tous les partis de gauche est possible ?

Fabien Roussel, Eric Coquerel, Olivier Faure réunis contre le projet de réforme des retraites, 11 décembre 2019
Fabien Roussel, Eric Coquerel, Olivier Faure réunis contre le projet de réforme des retraites, 11 décembre 2019 © AFP / FRANCOIS GUILLOT

Les signes en tout cas se multiplient. Après le meeting commun de la semaine dernière, à Saint Denis, une nouvelle réunion est prévue, ce soir à l’Assemblée nationale, à l’initiative de Fabien Roussel, le leader du parti communiste. Le but ? S’organiser pour qu’en janvier la gauche soit en mesure de présenter un contre-projet à la réforme du gouvernement sur les retraites. Toute la gauche (avec quelques Républicains, d’ailleurs) s’était déjà retrouvée, pour contrer la privatisation d’ADP, Aéroports de Paris. L’opposition à Emmanuel Macron permet ainsi à une gauche laminée depuis la dernière présidentielle et les européennes de se revitaminer. 

Un « programme commun » pourrait-il voir le jour ?

Au sein même de la gauche, on ne veut pas brûler les étapes. Tant au PC qu’au PS on reconnaît qu’« on est encore loin d’une base programmatique commune, et que la priorité c’est de cultiver les points communs pour contrer la politique d’Emmanuel Macron. » En plus, les lignes de fracture subsistent. Sur l’Europe, sur la laïcité, sur la stratégie de plus en plus populiste de Jean-Luc Mélenchon…

La gauche joue à plein son rôle d’opposition 

Mais elle pourrait ne pas en retirer les bénéfices. Sauf à assister à un rebond de La France Insoumise, sauf à ce que Les Verts transforment l’essai des Européennes, le second tour de la présidentielle pourrait bien être le match retour de 2017 : Macron contre Le Pen. Mais, cette fois-ci, le match pourrait être la revanche de la seconde sur le premier. Au  sein du PS on en est totalement conscient : le report des voix de gauche qui a été massif au second tour en 2017 pourrait ne pas se répéter. Les électeurs socialistes sont déçus par la politique macronienne et puis comme le reconnaît un cacique de gauche  « Comment appeler nos électeurs à voter Macron si on a fait du Tout sauf Macron pendant un quinquennat ? » Si l’on ajoute un transfert non négligeable de l’électorat Insoumis vers le Rn et un redéploiement important des LR vers Marine Le Pen, on imagine aisément la suite..  

Même une forte abstention ne serait pas une garantie pour le chef de l’Etat. Car l’électorat du RN a toujours fait preuve d’une forte mobilisation. Le plafond de verre qui empêche encore aujourd’hui le RN d’accéder au pouvoir est en train de se fissurer. 

Qu’on se le dise : 2022 ne sera pas 2017. 

L'équipe
  • Jannick AlimiJournaliste politique au Parisien Aujourd'hui en France
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