Avec les mauvais sondages d’opinion qui se cumulent pour le chef de l'Etat, certains, à gauche, commencent a se demander s’il sera en mesure de se représenter en 2017. Du coup, en coulisses, les grandes manœuvres ont commencé.

les français préfèrent manuel valls à françois hollande pour 2017
les français préfèrent manuel valls à françois hollande pour 2017 © reuters

Cela paraît incroyable, mais Hollande est à l'Elysée depuis seulement 20 mois et déjà, la question de savoir s'il sera le bon candidat pour 2017 n'est plus une question taboue à gauche. Ô, bien sûr personne, je veux dire aucun élu, n'osera vous le faire savoir ouvertement. Mais, hors micros, certains commencent déjà à évoquer cette hypothèse. Ils se demandent : dans quel état le Président va-t-il arriver en 2017? A quoi va ressembler la fin du quinquennat?

Il faut bien reconnaître que ces temps-ci, rien ne va plus. Le chômage ne baisse pas ; le pacte de responsabilité s'est enlisé ; et on a eu le retrait absurde de la loi Famille, un texte -rappelons le- qui a été supprimé alors qu'il n'était même pas programmé.

Dans ce cas de figure, d'autres candidats devraient commencer dès maintenant à se préparer pour 2017.

Justement! Est-ce qu'on n'est pas en train d'assister au début des grandes manœuvres ? Regardez ce qui se passe avec les deux ministres les plus médiatiques du gouvernement. Je veux parler de Manuel Valls et d'Arnaud Montebourg. Depuis le début de l'année, ils ont décidé d'enterrer leurs divergences et de travailler main dans la main.

Le premier est classé à la droite du PS, le second à l'aile gauche. Ils ont été rivaux pendant la primaire de 2011. Ils sont maintenant... alliés. Ils se sont concoctés un discours commun autour de trois idées : Etat fort, autorité républicaine et redressement de l'industrie française.

Les deux poids lourds s'affichent ensemble dès qu'ils le peuvent. Ils étaient dans le Vaucluse à la mi-janvier où ils ont visité une gendarmerie et une usine. Tout un programme ! Le 14 février, le jour de la Saint Valentin, ils se sont retrouvés, cette fois, dans le Pas-de-Calais, pour un meeting. Et déjà, on nous annonce 3 et 4 nouveaux déplacements, d'ici aux municipales.

Bien sûr, ils font ce travail, nous disent-ils, pour aider le président Hollande, pour expliquer aux Français en quoi consistent ses principales réformes. Mais, vous n'empêcherez pas certains de penser que ce mariage de raison, ce pacte de non-agression, cache aussi des arrières pensées. Pour peser dans la course à Matignon et aux principaux postes gouvernementaux, en cas de remaniement. Ou pour être en embuscade si Hollande est en difficulté en 2017.

Comment un autre candidat que Hollande pourrait-il être désigné par le PS? La lecture des statuts du PS est assez instructive. Il y est dit que le "candidat à la présidence de la République est désigné au travers de primaires citoyennes".

Quand on regarde en détail, il n'est pas prévu d'exception pour un président sortant. En théorie donc, Hollande doit se soumettre à une nouvelle primaire avant 2017. C'est d'ailleurs la règle aux Etats-Unis où Barack Obama a dû ferrailler contre quelques candidats inoffensifs en 2012.

Mais si Hollande finit son quinquennat aussi impopulaire, on peut alors imaginer le pire pour lui : devoir affronter des challengers sérieux. On pourrait voir surgir, parmi les outsiders, Valls et Montebourg. Ils passeraient alors de l'alliance tactique d'aujourd'hui à la guerre ouverte pour la plus haute marche du pouvoir. On n'en est pas encore là.

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