L’utilisation du 49.3 est l’illustration qu’on est passé, en un mois, de l’esprit du 11 janvier, à une vraie crise politique

Emmanuel Macron durant le débat de la Loi du même nom
Emmanuel Macron durant le débat de la Loi du même nom © MaxPPP/IP3 press/Vincent Isore

Effectivement, et tout cela à cause de la loi Macron.

Une loi bavarde et sans grande conséquence pour la vie des Français aura fait exploser la belle unité politique d’il y a un mois.

D’un côté, face à l’opposition des frondeurs du PS, le gouvernement Valls a décidé de passer en force en recourant à l’article 49-3. Donc la loi sera adoptée, mais sans vote du Parlement. Ce qui n’est pas très démocratique.

De l’autre, la droite en profite et dépose une motion de censure pour tenter de faire tomber le gouvernement. Ce qui est peu probable, même si la gauche de la gauche va peut-être voter cette motion de censure avec la droite.

Toute cette effervescence pour rien, donc ! Mais cet épisode montre qu’une guerre sans merci est engagée à l’intérieur du parti socialiste. Une guerre des ego autant que des convictions.

Jamais, la fracture n’a été aussi béante entre les tenants d’une ligne sociale-libérale, défendue par les Valls et Macron, et les tenants d’une ligne plus à gauche, derrière Benoît Hamon.

Un divorce qui s’explique par l’approche du Congrès du PS, à Poitiers, en juin. Un rendez-vous qui s’annonce très chaud.

Un divorce qui ira en s’accentuant si, dans un mois, les élections départementales sont catastrophiques pour le PS.

Pour l’heure, on peut dire que les frondeurs ont gagné une bataille en mettant en difficulté le gouvernement.

Pour l’avenir, c’est la survie du PS qui est en jeu, mais Valls reste le mieux placé pour gagner la guerre.

Mais la droite est tout autant divisée ! Certains, d’ailleurs, étaient prêts à voter la loi Macron, qu’un gouvernement de droite aurait très bien pu défendre.

A droite comme à gauche, tout est affaire de posture. Surtout de posture. Et cela, les Français le tolèrent de moins en moins car ils en font les frais : le chômage continue d’augmenter, l’immobilisme perdure.

Ils supportent de moins en moins ces oppositions factices qui leur paraissent tellement indécentes, inappropriées dans le contexte actuel. Oui, Marine Le Pen et le FN peuvent se frotter les mains. Et encore plus depuis le piètre spectacle offert hier.

L'équipe
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.