Depuis samedi, François Fillon est officiellement le candidat des Républicains à la présidentielle, mais peut-on parler d’une nouvelle dynamique ?

François Fillon à la Maison de la mutualité, le 14 janvier dernier.
François Fillon à la Maison de la mutualité, le 14 janvier dernier. © Getty / Chesnot

Par Judith Waintraub

Comment François Fillon espère-t-il trouver un second souffle? D’abord en empêchant la fuite de son électorat vers Emmanuel Macron. Les parlementaires ou les anciens parlementaires de droite qui le rejoignent se comptent sur les doigts d’une main, mais chez les militants, dans les anciens réseaux d’Alain Juppé, la déperdition est plus forte. Macron mord à droite et au centre. D’après Jean Arthuis, ex-ministre centriste qui a préféré le rejoindre plutôt que de soutenir un candidat de la droite, des maires UDI qui étaient pro-Juppé seraient sur le point de se rallier publiquement à Macron.

C’est mauvais signe pour Fillon, et ça explique la consigne qu’il a donnée à ses lieutenants : "dîtes partout que Macron est un homme de gauche !" C’est la réponse que fait Patrick Stefanini, le directeur de campagne de Fillon, quand on lui demande si le phénomène Macron l’inquiète. Il dit : « Si les ralliements se limitent à quelques recalés qui n’ont pas eu leurs investitures électorales chez nous, ce n’est pas problématique. C’est un homme de gauche il ne pourra convaincre en masse ni nos soutiens, ni nos électeurs. » En résumé, même pas mal ! Mais au QG de campagne, l’ambiance est loin d’être aussi sereine, d’autant qu’il faut gérer d’autres fronts.

Les sarkozystes, par exemple. François Fillon ne veut pas que les relations avec eux s’enveniment. Samedi, au Conseil national, il n’a pas aimé que Laurent Wauquiez lui reproche publiquement de ne pas s’adresser assez à « la France qui travaille », et il lui a répondu. Mais demain, ils se montreront ensemble dans l’Ain. Le candidat y a été invité par Damien Abad, qui préside le département, et il va y parler notamment de l’apprentissage, dont il veut confier la gestion aux régions. Comme l’Ain, je vous le rappelle, se trouve dans la région Auvergne-Rhône-Alpes, et qu’elle est présidée par Wauquiez, Fillon l’a invité à se montrer avec lui au déjeuner qu’on lui a organisé avec des acteurs de la vie économique. Mais Wauquiez ne sera pas au meeting organisé pour Fillon par Abad, le soir.

La réconciliation avec les sarkozystes n’est donc pas achevée, d’autant qu’ils ont prévu de se réunir mercredi prochain. Comme l’a raconté le JDD, ils devaient le faire mercredi dernier, à l’initiative de Christian Estrosi, qui n’était pas content que François Fillon tienne un meeting à Nice sans l’avertir. Estrosi a annulé le petit-déjeuner, mais il a critiqué le projet de Fillon à la tribune du meeting. Mercredi prochain, c’est Brice Hortefeux qui a repris en main les retrouvailles des sarkozystes. Il a prévu un pot le soir, dans une ambiance « conviviale ». On verra bien…

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