Par Nathalie Schuck, journaliste au Parisien.

"Je voulais revenir sur le triste spectacle que nous donne la classe politique depuis quelques jours, notamment depuis que Bruxelles a présenté son plan pour mettre en place des quotas d'accueil de migrants par pays.

C'est un drame humain, un défi migratoire qui mériterait que la gauche et la droite se mettent autour d'une table. Non, au lieu de ça, on s'accuse, on s'invective, on se renvoie la patate chaude! A l'UMP, on surfe sur les peurs, on fait la course à celui qui aura le mot le plus dur contre la gauche « droit-de-l'hommiste » ou la proposition la plus radicale , comme le député Eric Ciotti qui propose de revenir au droit du sang , vieille lubie du Front national. L'objectif, hélas, ce n'est pas de trouver une solution. Non, c'est de faire passer les socialistes pour d'affreux « laxistes » et de doubler le FN sur sa droite. A l'UMP, pardon chez les Républicains, la présidentielle a déjà commencé sur les questions d'immigration et d'identité.

A gauche, ça n'est pas beaucoup mieux. Là aussi on a beaucoup d'arrière-pensées. Regardez le nombre d'élus de gauche qui en profitent pour taper sur Nicolas Sarkozy. S'il y a un tel afflux de migrants, selon eux, c'est la faute de l'ancien président et de sa campagne militaire en Libye ! « Il faut réparer les erreurs du passé », proclame François Hollande. A l'époque, pourtant, il avait jugé cette intervention armée « légitime » et « nécessaire ». Alors, il y en a un qui a compris que le débat commençait à tourner au vinaigre, c'est Manuel Valls. Le Premier Ministre s'est rendu samedi à la frontière franco-italienne pour dire non aux quotas . Il a vu les sondages : il sait que les Français sont inquiets, qu'ils veulent plus de contrôles, moins de clandestins. Mais, pour la petite histoire, s'il a monté cette visite en catastrophe, c'est aussi pour compenser son passage très médiatisé au festival de Cannes!

Bref, on n'est pas prêt d'avoir un débat pacifié sur les questions migratoires. Pourtant ce sont des sujets qui méritent mieux que des joutes politiciennes. Je laisse le mot de la fin au père de la « politique de civilisation », le philosophe Edgar Morin , qui a posté hier ce tweet dépité face au niveau du débat politique sur le plan Juncker : «60 millions de Français sont invités à trembler de l'arrivée de 1.000 migrants se précipitant sur le pays » .

Comme on dit: pas mieux !"

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