Ce n’est pas un hasard si Emmanuel Macron s’en est remis hier au Général de Gaulle. Il sait qu’il chemine au milieu d’un champ de mines. Cela donne un sens particulier à son appel à l’unité, je le cite : "De Gaulle nous dit que la France est forte quand elle se tient unie ».

"Je ne veux pas vivre en démocrature" peut-on lire sur le tee-shirt de cette manifestante (16 mai 2020, Toulouse)
"Je ne veux pas vivre en démocrature" peut-on lire sur le tee-shirt de cette manifestante (16 mai 2020, Toulouse) © AFP / Alain Pitton / NurPhoto

Dans la bouche de l’actuel président de la République, cela ressemble à une exhortation et peut-être même à une supplique. Car le chef de l’Etat a subi un dur retour au réel vendredi matin, en se faisant interpeller sans ménagement par des soignants à l’hôpital de la Pitié-Salpétrière. 

Depuis, pour tenter de calmer les esprits, le ministre Olivier Véran a présenté son Ségur, l’équivalent d’un Grenelle de la Santé. Dire que les premières réactions du personnel hospitalier à ce plan sont mitigées relève de l’euphémisme. Certains professeurs promettent même « une révolution des blouses blanches ».

D’autres colères accompagnent-elles celle des soignants ? 

En France, contrairement à ce qui se passe en Allemagne, le gouvernement échappe aux « manifestations corona » parfois violentes contre les restrictions mises en place. Mais le ressentiment pointe dès que l’on évoque la question désormais centrale du nombre de tests disponibles. 

Et ce week-end l’a montré, quelques gilets jaunes piaffent de battre à nouveau le pavé. Des signaux faibles pour le moment, que même les plus politiques des ministres reconnaissent avoir du mal à interpréter. Tout simplement parce qu’ils sont coupés du terrain depuis plus de deux mois, retranchés derrière leurs écrans de visio-conférence. 

Risquent-ils d’avoir de mauvaises surprises dans la période qui s’ouvre ?

Les Français ont apprécié leur premier week-end de liberté et s’autorisent, depuis qu’Edouard Philippe a annoncé la bonne nouvelle, à préparer leurs vacances. Mais ce climat printanier pourrait s’avérer trompeur. 12,5 millions de personnes bénéficient du chômage partiel. Mais après ? Combien de licenciements ? Depuis une semaine, Raymond Soubie, l’ancien conseiller social de Nicolas Sarkozy, multiplie les mises en garde. Pour reprendre ses mots, « il y a un étrange climat de bulle, avec une forte résilience des Français, mais qui ne durera pas ». 

Raymond Soubie considère que le vrai rendez-vous va avoir lieu dans quelques mois quand les entreprises prendront des décisions pour assurer leur survie à court et moyen terme. 

Hier sur cette même antenne, François Bayrou s’est également rangé du côté des lanceurs d’alerte. Selon lui, la crise sociale à venir peut entraîner « une immense crise démocratique ». Et il ne semble pas que l’exécutif en ait pris la mesure.  

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