On le sait, c’est un des fléaux de notre vie politique moderne de ne pas parvenir à attirer suffisamment de citoyens aux urnes. Mais qu’en sera-t-il les 20 et 27 juin prochain pour les régionales, alors que les Français seront en train de préparer, si tout va bien, la dernière étape du déconfinement ?

Conséquences de l'abstention
Conséquences de l'abstention © Getty / Beáta Angyalosi / EyeEm

Déjà en 2015, plus de la moitié des électeurs avaient boudé les urnes au premier tour des régionales. Pour ce scrutin-ci, les sortants semblaient s’accommoder de la très haute abstention annoncée. 

Un sondage a tout changé 

Une étude Ifop pour le Figaro et LCI, comme un coup d’épée dans les reins pour la majorité. Elle montre que le pataquès en région Paca autour de la candidature du LR Renaud Muselier entraîne un surcroît de mobilisation des électeurs.

Une mobilisation en faveur de qui ? 

C'est la nouveauté, le jeu ambigu de la majorité avec l’actuel patron de la région profite au candidat du Rassemblement national, Thierry Mariani. Et cela fait valser pas mal de certitudes. Pour les régionales et même pour la présidentielle.

Jusqu’ici, il était de bon ton chez les macronistes de penser qu’il suffirait d’une bonne participation pour affaiblir Marine Le Pen au second tour en 2022. Le raisonnement était simple : s’il y a 30 millions de votants, exposait un fidèle du président, Marine Le Pen a besoin de réunir 15 millions de voix au second tour pour l’emporter.

En revanche, s’ils sont 40 millions de Français à se déplacer, il sera plus dur pour elle de dépasser le seuil de 20 millions de votants…

Mais que se passe-t-il si la candidate du RN parvient à mobiliser une part des abstentionnistes ?

De son côté, Jean-Luc Mélenchon lorgne aussi sur ces éloignés de la politique. Son équipe explique qu’ils sont le plus souvent jeunes, employés ou ouvriers, en résumé qu’ils correspondent à l’électorat de la France Insoumise.

Encore faut-il encore les convaincre de l’intérêt qu’ils auraient à voter pour le député des Bouches-du-Rhône.

En somme, la bataille pour la mobilisation des électeurs « dégoutés », comme les appelle Mélenchon, ne fait que commencer.