Dans 5 jours, ce sera le premier tour des municipales et il y a quelqu'un, en France, qui regarde cela d'extrêmement près : c'est le Président de la République, qui a manifestement conservé des réflexes de premier secrétaire du PS.

françois hollande se pose en garant de l'indépendance de la justice
françois hollande se pose en garant de l'indépendance de la justice © reuters

Normalement, un chef d'Etat, ce n'est pas censé s'occuper dans le détail des municipales. Mais Hollande, lui, est obnubilé par cette campagne. Dès qu'il croise un socialiste, il lui demande : comment ça se passe chez toi? Exemple: il reçoit à l'Elysée le ministre des relations avec le parlement, Alain Vidalies. A la fin du rendez-vous, il lui glisse : « Alors, comment ça se passe dans les Landes? ». Dès qu'un député se trouve à l’Elysée, il le sonde : un jour, il veut des nouvelles de Fontaine, une ville dans l'Isère de 20.000 habitants. Un autre jour, il s'enquière de la situation à Poissy, dans les Yvelines. Il lit tous les sondages locaux, il connait jusqu'aux listes dissidentes en Savoie.

Il y a certaines municipalités qu'il suit plus particulièrement que d'autres :Rouen -sa ville natale- ou la Corrèze -sa terre d'élection. En janvier, il est à Tulle. Là, il tombe nez à nez avec la députée Sophie Dessus. Il la chambre : "Ah, pour toi ça ne va pas être trop difficile". Il est au courant que celle qui se représente à la mairie d'Uzerche, 3000 habitants, est sûre d'être élue car elle n'a aucune autre liste face à elle. Il y a aussi les villes symboles, comme Marseille.

Si la gauche l’emporte, cette victoire fera oublier les dizaines de villes moyennes qui vont tomber dans l'escarcelle de la droite... Hollande a mouillé la chemise pour Marseille. En octobre, il décore l'ancien patron de l'OM, Pape Diouf, de la Légion d'honneur.

Quelques mois plus tard, il le reçoit à l’Elysée pour essayer de le dissuader de présenter une liste autonome. Hollande s'est aussi démené pour convaincre les leaders du Modem de Marseille de soutenir les socialistes, contrairement à la ligne de François Bayrou. Et il y a est arrivé. Ecoutez le témoignage du leader centriste local, Christophe Madrolle. Il raconte à nos confrères de la Provence, comment s'est passé le contact avec Hollande :

Ce n'est pas le rôle d'un Président que de s'occuper de ce genre de négociations. Un Président n'a pas vocation à mettre son nez dans les tractations. Mais c'est plus fort que lui... Hollande a passé dix ans de sa vie comme premier secrétaire du PS, à négocier des accords avec les communistes ou les verts. Si son suivi minutieux des municipales peut faire sourire, en tout cas, cela va lui être très utile... après les municipales. De son analyse détaillée découlera sans doute la nécessité, ou non, de remanier le gouvernement. On en saura donc plus le 30 mars, au soir du second tour.

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