Christophe Castaner est confronté chaque samedi à des violences lors de manifestations des Gilets jaunes et en plus, il s’est retrouvé au cœur d’une polémique, après la diffusion d’une vidéo le montrant en boîte de nuit.

Par Eric Decouty

L’opposition est déchaînée, les syndicats de policiers remontés, la situation est-elle devenue intenable, pour lui ?

D’abord il y a cette histoire de boîte de nuit et le moins que l’on puisse dire c’est qu’elle n’est pas très glorieuse… Mais bon, qu’un ministre ait envie, besoin, de décompresser, franchement ça ne me choque pas plus que ça. Disons qu’il aurait pu se faire plus discret et éviter de dispenser des câlins dans une joyeuse libation, sous les regards et les smartphones de ses copains de soirée. Mais Christophe Castaner a toujours dit qu'il était un Kéké et il en a fait la démonstration. Cet épisode nocturne me paraît certes extrêmement gênant mais finalement assez anecdotique.

Beaucoup plus en tout cas que la capacité du ministre de l’Intérieur à assurer le maintien de l’ordre et la sécurité notamment dans la capitale.
 

Vous voulez parler du saccage des Champs Elysées, samedi…

Oui et sur cette question-là, il me semble bien qu’il y ait effectivement un problème Castaner…

Alors entendons-nous bien : pas question, ici, d’embrayer dans la vision complotiste de quelques Gilets jaunes qui font du ministre de l’Intérieur l’ordonnateur occulte de ces violences afin de discréditer le mouvement… Certainement pas… La responsabilité des casseurs, ainsi que de certains manifestants assistant bienveillants ou hilares à ces actes, est accablante. Comme l’est d’ailleurs celle de politiques prônant la radicalité parce qu’ils n’osent pas dire la violence, pour obtenir des résultats.

En revanche, que le ministre de l’Intérieur et ses services soient samedi après samedi incapables de contrôler et surtout d’anticiper de telles violences est un problème majeur. 

La semaine dernière, des voix étaient pourtant nombreuses dans les coulisses du renseignement à annoncer un samedi difficile… Résultat : un service d’ordre débordé et quelques centaines d’individus mettant quasiment le feu à la capitale.
 

Mais n’est-ce pas aussi la conséquence de l’épuisement dont font état les policiers après des mois d’affrontements ?

Les deux problèmes se superposent : les forces de l’ordre, éreintées par les manifestations de Gilets Jaunes après des mois de lutte contre le terrorisme, sont à bout. De surcroît elles sont confrontées à une absence de doctrine sécuritaire ou une doctrine aléatoire, pour affronter les casseurs. 

C’est cette réalité qui peut faire craindre le pire pour les samedis à venir. Et là ce n’est pas seulement l’affaire du ministre de l’Intérieur mais celle du Chef de l’Etat et du premier ministre.
 

L'équipe
Thèmes associés
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.