« Le jour d’après ne sera pas un retour au jour d’avant », a déclaré Emmanuel Macron lors de sa dernière intervention, lundi dernier. Une déclaration très ambitieuse...

Le référendum à questions multiples est-il une solution pour Emmanuel Macron ?
Le référendum à questions multiples est-il une solution pour Emmanuel Macron ? © Radio France / Ludovic MARIN

C’est l’annonce quasi évangélique de l’arrivée de temps nouveaux. Dans ses deux allocutions, celle de jeudi et celle de lundi, le chef de l’Etat a promis de tirer les leçons de l’épreuve que traverse le pays. Plus qu’un énième acte 2 du quinquennat c’est une ère nouvelle qu’esquisse le président de la République. Avec le retour du rôle de l’Etat voire des nationalisations. C’est aussi l’annonce en filigrane d’un plan massif en faveur de l’hôpital. La promesse enfin de ne pas oublier les plus démunis, quoi qu’il en coûte ! En bref, c’est la défense d’un Etat providence que prône ce président philosophiquement libéral…

Un engagement pris devant plus de 30 millions de téléspectateurs auquel il est difficile de se soustraire

Un engagement qui peut laisser sceptique pourtant. On ne parle pas ici des milliards mis sur la table en faveur des salariés et des entreprises mais bien de ce virage social et étatique que semble vouloir négocier l’exécutif. Or, Emmanuel Macron nous rappelle un autre président : Nicolas Sarkozy, qui avait tenu la barre avec maestria pendant la crise des subprimes. Notamment comme président du Conseil européen en poussant l’Allemagne et la BCE à intervenir massivement pour soutenir le système bancaire. Nicolas Sarkozy promettait alors de remettre à plat le système financier mondial. Il appelait l’Europe à repenser sa capacité d’action. Il s’est attelé à réformer le capitalisme en encadrant les modes de rémunération des chefs d’entreprise, les stock options, les retraites parachute… Nicolas Sarkozy avait même invoqué la règle des trois tiers, selon laquelle les bénéfices des entreprises devaient se diviser à parts égales entre les salariés, les actionnaires et les investissements. Une révolte ? Non sire une révolution !

Une révolution qui aurait fait pschitt ?

En tous cas dans ses aspects les plus structurels. Le chef de l’Etat s’est cassé les dents face au lobby des grandes entreprises qui n’ont pas voulu laisser intervenir l’Etat sur le salaire des patrons ou la redistribution des bénéfices.  Emmanuel Macron lui, risque de voir se dresser face à lui l’Union européenne et ses règles budgétaires. Modèle social et modèle européen, une double injonction contradictoire que Macron l’Européen aura à résoudre… Au risque comme Sarkozy et Hollande de ne faire qu’un quinquennat… 

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