Ce matin, on revient sur la présence des militaires dans le paysage politique, pour les municipales et peut-être même pour la présidentielle…

Général de Villiers
Général de Villiers © AFP / Nicolas Guyonnet / Hans Lucas

Vous souvenez-vous du coup d’éclat du général de Villiers ? 

C’était en juillet 2017 au début de la présidence Macron. Après avoir fait connaître son désaccord sur le budget de la défense, le militaire avait été poussé à la démission. Une crise inédite entre un président et le chef d’Etat-major des armées.

Deux ans et demi plus tard, voilà que le général sème le doute sur une candidature à la présidentielle. Il a en effet agrémenté l’édition de poche de son livre intitulé Qu’est -ce qu’un chef ? d’une postface éloquente, révèle ce matin le journal l’Opinion.  Il y raconte ses rencontres avec les Français. Partout il a senti, je cite : « La même recherche d’absolu et la même peur du vide ». Je le cite encore : « le vide est une plénitude tant la tâche est exaltante et le défi immense. » On l’a compris, les épaulettes de Pierre de Villiers frémissent. Il a envie d’avoir envie. 

Mais faut-il pour autant le prendre au sérieux ?

Il y a encore quelques années, nous aurions balayé l’hypothèse d’un revers de main. Sous la Ve République, l’Elysée a déjà connu son général, parti dans les circonstances que l’on sait, après un référendum perdu… Mais la France a changé et les soixante-huitards ont vieilli. Une bonne partie de leurs petits enfants sont devenus « fanas-mili ». En mai dernier, une étude réalisée dans 42 pays mettait en effet en évidence l’attrait d’une partie de la jeunesse pour un pouvoir d’inspiration militaire. Selon 31 % moins de 35 ans interrogés, ce serait même une bonne chose, seuls 11 % des plus de 60 ans partageaient cet avis. L’an dernier, Christophe Chalançon, porte-parole des "gilets jaunes" dans le Vaucluse, avait d’ailleurs réclamé la nomination du même général de Villiers, mais à Matignon ! Signe des temps, pour les municipales de mars prochain, on compte pas moins d’une quinzaine de généraux candidats. Parmi eux, le général de la Chesnais qui pourrait l’emporter à Carpentras, à la tête d’une liste soutenue par le Rassemblement national.

Mais cela change quoi un militaire en politique ? 

« Il nous faut des chefs », vous répliquerait le général de Villiers. Mais derrière un militaire ne sommeille pas toujours un grand diplomate. Jean-Louis Georgelin, général chargé par Emmanuel Macron de mener à bien la reconstruction de Notre-Dame nous en a offert la démonstration éclatante la semaine dernière. Alors qu’il s’exprimait devant la commission culture du Sénat, il a conseillé à l’architecte des monuments historiques en charge de la cathédrale depuis 2013 de, je cite, « fermer sa gueule ». Programme qui, vous me direz, a au moins le mérite de la clarté.

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