La loi sur la recherche a été adoptée hier soir à l’Assemblée. Mais la science aura besoin plus que d’une enveloppe budgétaire en hausse pour retrouver du lustre…

La science, victime collatérale de l Covid-19
La science, victime collatérale de l Covid-19 © Getty / Thana Prasongsin

Il va falloir du temps pour que la science se requinque…  Car elle est tombée de son piédestal avec cette épidémie. 

Souvenez-vous au début, Emmanuel Macron était comme tous les Français. Il ne jurait que par un principe :

C'est la confiance dans la science. C'est d'écouter celles et ceux qui savent.

A l’époque, le président avait constitué un conseil scientifique autour du professeur Delfraissy. Il buvait ses paroles. Huit mois après, le président est beaucoup plus prudent. Il répète sans arrêt que les politiques doivent avoir le dernier mot. 

Que s’est-il passé ?

Tous les jours, on a des chercheurs qui défilent sur les plateaux télé. Ils étalent leurs divergences. Sur les masques, l’immunité, le nombre de vagues… Ce n’est plus un consensus scientifique, c’est l’inverse.

Le spectacle est désolant. La revue Lancet, la prestigieuse revue britannique, s’est retrouvée à publier un article bidonné, qu’elle a retiré… Quant à l’ordre des médecin, il est en train de poursuivre le fameux Didier Raoult pour charlatanisme… 

Parallèlement, le gouvernement se prépare à vacciner les Français dès janvier. Sauf qu’aucune autorité de santé internationale n’a encore validé le moindre vaccin. Tout ce qu’on a pour l’instant ce sont des communiqués de presse de grands laboratoires. Bref, du marketing plutôt que des certitudes… 

Tout cela ne va pas aider à faire reculer le complotisme !

D'autant qu’on est déjà l’un des pays les plus sceptiques au monde. Selon un récent sondage, 43% des Français pensent que le gouvernement est de mèche avec les labos pour cacher la nocivité des vaccins. Et une personne sur deux n’est pas disposée à se faire vacciner…

La science est en train de rejoindre la grande crise de confiance qui touche toutes les paroles publiques. Descartes peut se retourner dans sa tombe.

Et c’est dans ce contexte que le conseil de défense va devoir prendre des décisions ce matin, en analysant les dernières données sanitaires, les courbes, les chiffres, les comparaisons internationales. Bref, il va falloir trouver quand même un peu de rationnel dans une période qui en manque cruellement. 

L'équipe
  • Marcelo WesfreidJournaliste au service politique du Parisien / Aujourd'hui en France
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