Par Charlotte Chaffanjon, journaliste politique à l'hebdomadaireLe Point

Pourquoi les Verts poussent-ils le bouchon un peu trop loin ?

les verts se prononcent contre le projet de budget 2014
les verts se prononcent contre le projet de budget 2014 © reuters

Parce que les Verts me rappellent ce conte dans lequel pour s’amuser, un petit garçon, gardien de troupeau, ne cesse de crier au loup. Les villageois accourent à chaque fois pour rien et finissent pas ne plus croire le petit garçon. Et bien, à force de crier à tort et à travers qu’ils vont quitter le gouvernement, plus personne ne croit les écolos.

Par contre, ils commencent à poser un sérieux problème d’autorité au gouvernement, qui est, et là je cite un dirigeant socialiste très proche de François Hollande : « affaibli par des alliés qui ne se comportent pas bien.

Les Verts commencent à poser un vrai problème. On ne peut pas continuer à gouverner avec des zozos pareils. Il faut être ferme avec eux ».

En petit comité, Jean-Marc Ayrault s’interroge tout haut sur la meilleure manière de gérer leur cas.

- Les Verts n’en finissent pas de lancer des ultimatum

Le dernier ultimatum lancé samedi par Pascal Durand n’est que le énième d’une longue série. Le patron des Verts a donné six jours à François Hollande pour donner des engagements sur la transition énergétique. Mais les autres leaders écolos, Jean-Vincent Placé, Noël Mamère et même les ministres Pascal Canfin et Cécile Duflot, ont tour à tour menacé de claquer la porte. Un jour à cause de la politique menée par Manuel Valls, un autre à cause du limogeage de la ministre de l’Ecologie Delphine Batho. Et j’en passe. Nous sommes face à un comique de répétition. Sauf que plus personne ne rit. Surtout que le gouvernement est en pleine préparation de la conférence environnementale, qui démarre vendredi.

- Cette conférence environnementale devrait-elle donc être l’occasion de calmer les Verts ?

Oui et non. Le gouvernement devrait par exemple maintenir le budget de l’agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Adem). C’était une revendication importante des Verts. Ca fait partie des bons points. Mais sur le sujet bien plus épineux de la fiscalité, rien ne va plus. Le pataquès autour de la taxe diesel réclamée à cor et à cri par les Verts a été tranché par François Hollande sur TF1.

En une phrase, François Hollande écarte l’idée d’une taxe diesel. Evidemment, les Verts ne sont pas contents, mais les socialistes sont un peu apaisés. Ils craignaient que cette nouvelle taxe ne pèse encore sur le pouvoir d’achat des ménages.

« Il ne faut pas donner l’impression qu’on préfère les petites fleurs aux petites gens », nous dit un député, bien à gauche, plutôt pro écolo, mais qui est, comme ses camarades, lassés des exigences égocentriques des Verts.

- Et puis François Hollande n’est pas franchement un écolo convaincu

Loin de là. Les écolos d’ailleurs, dans leur quasi totalité, souhaitaient que Martine Aubry soit candidate à la présidentielle. François Hollande pourrait pourtant bien être le meilleur allié des Verts, tout simplement parce qu’il déteste tellement le conflit qu’il le fuit. Et qu’il préfère voir le verre à moitié plein.

« Les Verts, ils veulent rester loyalement dans la majorité ». Ca c’est que François Hollande assurait à quelques journalistes au début du mois d’août. On le savait pragmatique. On le découvre adepte de la méthode Coué.

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