Hier, la démission du premier adjoint de Paris Bruno Julliard a eu l’effet d’une bombe. C’est une mauvaise nouvelle de plus pour Anne Hidalgo.

Toute la journée, à l’hôtel de ville de Paris, c’était le choc, la sidération. Tout commence le matin : Bruno Julliard demande à voir de toute urgence Anne Hidalgo. La rencontre dure 20 minutes. Julliard démissionne de son poste de premier adjoint. Il sort dans la foulée une interview fracassante dans Le Monde, où il dit tout le mal qu’il pense du bilan de sa patronne : le fiasco de vélib, d’autolib, il s’en prend au caractère cassant d’Anne Hidalgo, il dénonce les dossiers mal gérés comme les voies sur berge. Hidalgo est sous le choc. Elle réunit à midi ses proches. Réunion de crise. Elle décide de remplacer Julliard par Emmanuel Grégoire, le patron de la fédération PS de Paris, un fidèle parmi les fidèles. C’est plus sûr.    

Ce départ est une très mauvaise nouvelle pour Anne Hidalgo, une de plus ! 

C’est très mauvais pour son image. Qu’elle commençait à redresser. Elle sort d’ailleurs un livre à la fin du mois pour faire quelques mea culpa. Elle a aussi changé pas mal de monde dans ses équipes. Mais, il n’empêche : ses adversaires ont tort de l’enterrer trop vite. Il reste un an et demi, avant les municipales. D’ici là, on parlera plus de Bruno Julliard, et moins de Vélib qui marche mieux. Et puis, il y a le mode de scrutin. C’est la vraie bouée de sauvetage d’Hidalgo. Paris, c’est un scrutin à part. Ce n’est pas une élection au suffrage universel. C’est une série d’élections d’arrondissement. Où la liste qui arrive en tête remporte la mise. Ça change tout. Et comme il y aura, selon des endroits, des triangulaires avec les macronistes et la droite, voire des quadrangulaires avec la France Insoumise, ce sera la prime à celui qui est le mieux implanté. Or Anne Hidalgo a le réseau des maires de gauche.    

Les difficultés d’Hidalgo ont attisé les appétits

Mais du coup, c’est la foire d’empoigne. Chaque jour, il y a des nouveaux candidats. Un jour, c’est le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux, un autre c’est le député Hugues Renson, un autre le secrétaire d’état Mounir Mahjoubi. Et puis, il y a le sénateur Julien Bargeton, etc. Or, personne ne se détache. Et Macron, un peu cruellement, laisse tout ce beau monde s’entretuer tranquillement dans les dîners en ville. Voilà qui rend le sourire aux socialistes parisiens.

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