Ces dernières semaines, Nicolas Sarkozy s’est affiché avec Emmanuel Macron et n’a cessé de distribuer des conseils à sa famille politique. Mais Nicolas Sarkozy le répète à l’envi, il s’est retiré de la vie politique. D’autant plus que des épées de Damoclès judiciaires continuent d’être suspendues au-dessus de sa tête

Nicolas Sarkozy à la coupe du monde féminine en juin 2019 au Parc des Princes
Nicolas Sarkozy à la coupe du monde féminine en juin 2019 au Parc des Princes © Getty / Jean Catuffe

Mais, comme le répète aussi à l’envi Nicolas Sarkozy, un ancien président de la République a des devoirs. Alors chaque sortie publique de l’ex-chef de l’Etat ne peut être lue que comme un signal politique. Ainsi, si François Hollande était absent ce 15 août des cérémonies du 75e anniversaire du Débarquement en Provence, Nicolas Sarkozy, lui, était aux côtés d’Emmanuel Macron. Confirmant ainsi les liens plutôt forts que les deux hommes entretiennent depuis 2017. Autre signal lourd de sens : le Tour de France dans lequel Nicolas Sarkozy s’est lancé depuis début juillet pour dédicacer Passions, son autobiographie, devenue un vrai best-seller avec quelque 220 000 exemplaires vendus en un mois. 

Et en quoi tout cela est un signal politique ? 

La géographie de ses dédicaces se lit comme une stratégie politique. Samedi dernier, l’auteur à succès était à Neuilly dans les Hauts-de- Seine, la ville de son enfance et de ses débuts en politique mais aussi une commune de la Région Ile de France présidée par  Valérie Pécresse. Vendredi, Nicolas Sarkozy se rendra à Lille, dans les Hauts de France de Xavier Bertrand. Et auparavant, il y avait Nice et Toulon de Christian Estrosi et Eric Ciotti, Deauville et la Normandie du centriste Hervé Morin, La Baule et les Pays de la Loire chers à Bruno Retailleau, Reims dans le Grand Est du très Macron compatible Jean Rottner. 

En revanche, rien de prévu en Auvergne-Rhône Alpes, de Laurent Wauquiez ni dans l’Aquitaine d’Alain Juppé… Le message de Sarkozy prend ainsi tout son relief : il faut élargir le plus possible les LR au nom de l’époque bénie de l’UMP mais il faut aussi éviter la ligne trop à droite de Wauquiez et trop centro-macroniste de Juppé. « Regardez, me confiait l’ex- président devant ses lecteurs à Neuilly. Ils sont de toutes les professions, de tous les âges. Si ce n’était que des militants, jamais je ne vendrais autant de livres… »

Et sa proximité affichée avec Emmanuel Macron ? 

A court terme, pour les municipales, c’est un encouragement très net à un rapprochement entre les listes LREM et LR, notamment à Paris où les Républicains pourraient avoir un rôle d’arbitre. Quant à sa proximité avec un Président de la République, ca pourrait être, selon vous, le signal de quoi quand on s’appelle Nicolas Sarkozy ?

L'équipe
  • Jannick AlimiJournaliste politique au Parisien Aujourd'hui en France
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